L’entreprise de vêtements de sport Lululemon a présenté des excuses publiques après qu’un événement de yoga organisé sur la Grande Muraille de Chine a suscité une vive controverse en raison de l’utilisation d’un tambour traditionnel japonais.
La séance, qui rassemblait un grand nombre de participants sur ce site classé au patrimoine mondial, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux chinois. De nombreux internautes ont exprimé leur indignation face au choix d’un instrument associé à la culture japonaise pour accompagner une pratique ancrée dans la tradition chinoise, sur un lieu hautement symbolique pour le pays.
Face à ces critiques, la direction de Lululemon a rapidement réagi en publiant un communiqué dans lequel elle exprime ses « sincères excuses ». La marque a reconnu une « erreur » dans la sélection musicale de l’événement et a assuré qu’elle prenait la question « très au sérieux ». Elle a également indiqué qu’elle allait revoir ses processus internes pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise à l’avenir.
Cette polémique survient dans un contexte où les tensions historiques entre la Chine et le Japon restent vives dans l’opinion publique chinoise. L’utilisation d’un tambour japonais – le taiko – lors d’une manifestation sportive et culturelle sur la Grande Muraille a été perçue par certains comme une insulte à la souveraineté culturelle chinoise. Plusieurs commentateurs en ligne ont qualifié cet acte de « maladroit » et d’« insensible ».
Lululemon, qui cherche à développer sa présence sur le marché chinois, se trouve confrontée à un défi d’image significatif. L’entreprise, connue pour ses vêtements de yoga et de sport, avait organisé cet événement dans le cadre d’une campagne promotionnelle visant à renforcer son ancrage local. Mais le choix musical a eu l’effet inverse, suscitant des appels au boycott et des critiques sur la gestion de la diversité culturelle par la marque.
Des spécialistes du marketing interrogés sur l’affaire soulignent que les grandes marques internationales doivent faire preuve d’une sensibilité culturelle accrue en Chine, où les symboles nationaux et les blessures historiques sont particulièrement sensibles. La Grande Muraille, en particulier, est considérée comme un symbole de la fierté nationale chinoise, et toute association perçue comme négative avec une puissance étrangère peut rapidement dégénérer en controverse.
L’entreprise n’a pas encore précisé si elle prévoyait de modifier ses futures campagnes en Chine, ni si des mesures disciplinaires avaient été prises à l’encontre des organisateurs de l’événement. Elle a cependant réaffirmé son engagement à « respecter et honorer les cultures locales » dans toutes ses activités à l’international.
La polémique intervient alors que Lululemon cherche à consolider sa position sur le marché chinois, où la demande pour les vêtements de sport et de bien-être est en forte croissance. L’entreprise y a ouvert plusieurs magasins ces dernières années et mise sur des événements communautaires pour fidéliser sa clientèle. Cet incident pourrait néanmoins freiner ses ambitions si la controverse persiste.
Sur les réseaux sociaux chinois, le débat reste vif, certains internautes appelant au pardon après les excuses de la marque, tandis que d’autres estiment que l’erreur révèle un manque de connaissance des sensibilités locales. L’affaire illustre les risques auxquels sont exposées les entreprises étrangères en Chine, où une simple décision artistique peut avoir des répercussions commerciales et réputationnelles majeures.