Le Groupe d'action financière (GAFI), instance intergouvernementale qui élabore les normes de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a annoncé, le 19 juin 2026, une révision de sa « liste grise ». Cette dernière recense les juridictions présentant des déficiences stratégiques dans leur dispositif de régulation financière et qui s'engagent à coopérer avec l'organisation pour y remédier.

Deux pays africains, l'Algérie et la Namibie, ont été retirés de cette liste après avoir démontré des progrès significatifs dans la mise en conformité de leurs législations et de leurs pratiques de supervision bancaire. Leur sortie signifie que les deux États sont désormais considérés comme disposant de cadres efficaces pour prévenir les flux financiers illicites.

En parallèle, le GAFI a inscrit la Bosnie-Herzégovine et l'Irak sur sa liste grise. Ces deux pays sont désormais appelés à renforcer leurs dispositifs de contrôle et à collaborer avec le Groupe pour corriger les lacunes identifiées dans leur lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Un dispositif de pression sans sanctions pénales

La « liste grise » ne constitue pas une sanction juridique ou pénale à proprement parler. Il s'agit d'un outil de surveillance et de pression diplomatique : les pays qui y figurent s'engagent, sous le suivi du GAFI, à mettre en œuvre des réformes législatives et réglementaires dans des délais fixés. L'objectif est de réduire les risques que ces territoires ne soient utilisés comme des plates-formes pour des transactions criminelles.

L'inscription sur cette liste peut toutefois avoir des conséquences économiques concrètes. Les institutions financières internationales et les investisseurs adoptent souvent une attitude de prudence accrue envers les juridictions sous surveillance, ce qui peut renchérir le coût des transactions transfrontalières et compliquer l'accès aux financements extérieurs.

Une mise à jour régulière du périmètre de surveillance

Le GAFI procède à des révisions périodiques de sa liste grise lors de ses sessions plénières. Les retraits d'Alger et de Windhoek interviennent après que ces pays ont satisfait aux exigences du plan d'action qui leur avait été imposé. Leur radiation atteste d'une coopération jugée satisfaisante avec le Groupe.

À l'inverse, l'ajout de la Bosnie-Herzégovine et de l'Irak intervient à l'issue d'une évaluation de leurs systèmes nationaux, qui a mis en évidence des vulnérabilités dans la prévention des flux financiers illicites. Les autorités de ces deux pays ont été invitées à élaborer et à soumettre un plan de réformes, dont l'exécution sera suivie par le GAFI.