La course pour décrocher la deuxième place et affronter la maire sortante Karen Bass lors de l'élection générale de novembre à Los Angeles a connu un rebondissement dimanche. Nithya Raman, membre progressiste du conseil municipal, est passée devant le candidat républicain et vedette de téléréalité Spencer Pratt, selon les derniers chiffres officiels.
D'après le décompte actualisé publié par le bureau du greffier-comptable du comté de Los Angeles, Nithya Raman totalise 196 198 voix, soit 27,12 % des suffrages exprimés, tandis que Spencer Pratt en recueille 193 085, soit 26,69 %. L'écart est d'environ 3 100 bulletins en faveur de Mme Raman. Karen Bass reste largement en tête avec 250 871 voix et 34,68 % des votes, ce qui lui assure déjà une place au second tour.
Ce renversement de situation intervient alors que le dépouillement se poursuit depuis la date limite du scrutin, survenue cinq jours plus tôt. Dimanche, Mme Raman a gagné 19 096 voix supplémentaires, soit plus du double des 8 489 bulletins ajoutés au compte de M. Pratt. Cette nouvelle vague de dépouillement a entraîné un basculement de plus de 10 600 voix entre les deux candidats, effaçant l'avance que détenait M. Pratt depuis la nuit électorale.
« Nous sommes encouragés par le dernier décompte et restons reconnaissants envers les milliers d'Angelenos qui ont porté cette campagne », a déclaré Nithya Raman dans un communiqué. M. Pratt, âgé de 42 ans, n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
La maire sortante Karen Bass, 72 ans, ancienne élue démocrate au Congrès, a déjà validé son ticket pour le scrutin de novembre. Son directeur de campagne, Alex Stack, a esquissé les lignes de fracture potentielles si Mme Raman confirme sa place de deuxième. « Nous nous réjouissons de remporter une élection face à une adversaire qui tolère les campements près des écoles et s'oppose au recrutement de davantage de policiers », a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant qu'elle serait « absente lorsqu'il s'agit de sauver des emplois à Hollywood et de riposter lorsque les services d'immigration envahissent Los Angeles ».
Un dépouillement lent et des bulletins encore nombreux
Le processus électoral à Los Angeles est réputé pour sa lenteur : une grande partie des électeurs vote par correspondance, et les bulletins postés le jour du scrutin sont acceptés jusqu'au 9 juin. Les autorités électorales estiment qu'environ 80 % des votes ont été dépouillés, mais il pourrait rester entre 250 000 et 300 000 bulletins à compter pour la seule course municipale, selon des projections fondées sur les tendances historiques.
Depuis la nuit du scrutin, où M. Pratt était crédité de 30,4 % des voix, le candidat républicain a vu son avance fondre au fur et à mesure que les bulletins tardifs, davantage favorables aux démocrates, étaient dépouillés. Mme Raman, qui n'avait que 22,3 % à l'issue du premier décompte, a grignoté son retard chaque jour.
La règle électorale à Los Angeles prévoit qu'un candidat peut l'emporter dès le premier tour s'il obtient la majorité absolue des suffrages. À défaut, les deux premiers, quelle que soit leur appartenance politique, s'affrontent en novembre. L'issue de la lutte pour la deuxième place reste officiellement indécise tant que le dépouillement n'est pas achevé.