Les électeurs maltais se sont rendus aux urnes samedi pour des élections législatives anticipées, et les premiers résultats, communiqués dimanche, confirment la large victoire du Parti travailliste (PL) du Premier ministre Robert Abela. Il s'agit d'un record : jamais un parti n'avait remporté un quatrième mandat consécutif dans ce petit État méditerranéen membre de l'Union européenne.
Les opérations de dépouillement, qui se déroulaient au centre de comptage de Naxxar, ont rapidement donné le PL vainqueur, provoquant des feux d'artifice dans tout l'archipel. Selon un échantillon des votes, le parti au pouvoir obtient une majorité parlementaire confortable, bien que probablement moins importante qu'en 2022, où il avait recueilli 55 % des suffrages.
Robert Abela, 48 ans, a salué « une victoire de tout le peuple » et affirmé que son parti avait reçu « un mandat fort ». Il a appelé à « maintenir l'esprit d'unité nationale et faire avancer le pays ensemble ». Le taux de participation s'est établi à 87,4 %, en légère hausse par rapport au précédent scrutin général de 2022.
Le secrétaire général du Parti nationaliste (PN), Charles Bonello, a concédé la défaite sur la chaîne publique TVM, mais a souligné que son parti était parvenu à réduire l'avance des travaillistes. Le candidat du PN, Alex Borg, avocat de 30 ans et ancien vainqueur du concours Mr World Malta, n'a pas réussi à inverser la tendance.
Robert Abela avait convoqué ces élections un an avant le terme normal, justifiant cette décision par la nécessité d'obtenir un mandat frais pour protéger Malte, économie petite et fortement dépendante des importations, face aux défis géopolitiques mondiaux. L'économie maltaise a connu une croissance de 4 % l'an dernier, mais les tensions au Moyen-Orient font craindre des répercussions sur le tourisme, en raison de la hausse des coûts du carburant aérien et d'une inflation qui pourrait s'accélérer.
Le travailliste Abela dirige le pays depuis 2020, après la démission de son prédécesseur lors d'une crise politique déclenchée par l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia en 2017, qui avait mis en lumière des affaires de corruption au plus haut niveau de l'État. Un rapport du Conseil de l'Europe en 2025 indiquait que Malte accusait toujours un retard significatif dans la lutte contre la corruption. Pourtant, ce sujet n'a pas dominé la campagne électorale.
Malte, la plus petite et la plus dense des nations de l'UE avec environ 550 000 habitants répartis sur 316 km², possède une économie dynamique fondée sur le tourisme, les jeux en ligne et les services financiers, et affiche l'un des taux de chômage les plus faibles de l'Union. Le Premier ministre a fait campagne sur le bilan économique du PL depuis 2013, promettant stabilité dans un contexte d'incertitude.
Les résultats officiels complets sont attendus dans la journée de dimanche, mais la tendance est déjà claire : les travaillistes l'emportent et conservent le pouvoir pour un nouveau mandat de cinq ans, dans un scrutin marqué par une participation élevée et une opposition qui, tout en reconnaissant sa défaite, se félicite d'avoir resserré l'écart.