Le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a exprimé son souhait de voir aboutir « un processus de décolonisation et d’indépendance » en Nouvelle-Calédonie. Cette prise de position, diffusée dans le cadre d’une intervention vidéo, intervient alors que l’archipel traverse une période de fortes tensions politiques et sociales.

Manuel Bompard a employé des termes forts pour évoquer la situation calédonienne, parlant d’un « processus de décolonisation » et d’« indépendance ». Ses déclarations s’inscrivent dans la ligne historique du parti, qui défend le droit des peuples à l’autodétermination. Le dirigeant insoumis n’a pas apporté de précisions sur le calendrier ou les modalités d’un tel processus, mais son appel explicite à l’indépendance marque une prise de position claire à quelques mois d’échéances électorales importantes.

Un contexte institutionnel et politique tendu

La Nouvelle-Calédonie est engagée depuis 1988 dans un processus de décolonisation par étapes, encadré par l’accord de Nouméa. Trois référendums d’autodétermination ont eu lieu en 2018, 2020 et 2021, aboutissant chaque fois à un rejet de l’indépendance (avec 96,5 % de « non » lors du dernier scrutin, boycotté par les indépendantistes). Depuis, les discussions sur l’avenir institutionnel du territoire sont dans l’impasse.

Les violences qui ont éclaté en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs semaines, provoquant plusieurs morts et d’importantes destructions, ont ravivé le débat politique national sur le statut de l’archipel. Plusieurs partis ont pris position, certains appelant à la restauration de l’ordre et au dialogue, d’autres, comme LFI, plaidant pour une accélération du processus d’autodétermination.

Des réactions politiques attendues

La sortie de Manuel Bompard a déjà suscité des réactions contrastées sur l’échiquier politique. Pour les formations indépendantistes locales, cette déclaration pourrait représenter un soutien de poids de la part d’une figure nationale de la gauche radicale. À l’inverse, les partisans du maintien dans la République française, tant sur le territoire qu’à Paris, jugent cette position irréaliste et clivante.

Le gouvernement, de son côté, maintient sa ligne : apaisement des tensions, dialogue inclusif entre toutes les parties prenantes, et recherche d’une solution institutionnelle négociée, sans évoquer l’indépendance comme une option immédiate. Le ministre chargé des Outre-mer a multiplié les déplacements en Nouvelle-Calédonie ces dernières semaines pour tenter de renouer le fil des discussions.

Manuel Bompard, en parole, rappelle que le sujet calédonien reste l’un des dossiers sensibles de la politique française pour les années à venir.