Le député de La France insoumise, Manuel Bompard, a appelé à ce que les enquêteurs chargés d’entendre les enfants victimes soient dûment formés. « Quand un enfant vient parler, il faut, en face, un enquêteur qui soit formé », a-t-il déclaré. Cette intervention intervient alors que les autorités judiciaires ont annoncé un réexamen de plus de 70 000 plaintes impliquant des mineurs, une décision consécutive à la mort de la petite Lyhanna.
Manuel Bompard a vivement critiqué ce qu’il perçoit comme une opération de communication de la part du gouvernement. Il a jugé « indécents » les « coups de communication » autour de cette révision massive, estimant que celle-ci ne saurait se résumer à un effet d’annonce sans moyens concrets. Pour lui, l’enjeu central reste la qualité de l’écoute et de l’accompagnement des jeunes victimes tout au long de la procédure.
Une réforme nécessaire des pratiques
Le parlementaire a souligné que la simple multiplication des signalements ou des réexamens ne suffit pas si les professionnels ne disposent pas des compétences adaptées. Il a plaidé pour un renforcement significatif de la formation initiale et continue des enquêteurs et des magistrats, afin qu’ils sachent recueillir la parole de l’enfant sans la déformer ni la traumatiser davantage.
Le contexte de l’affaire Lyhanna
Le décès de Lyhanna, une fillette de deux ans, avait suscité une vive émotion et mis en lumière des dysfonctionnements dans le traitement des signalements d’enfants en danger. Cette affaire a conduit les autorités à ordonner un examen approfondi de près de 70 000 plaintes déjà déposées, afin de vérifier qu’aucune situation similaire n’avait été négligée.
Manuel Bompard, tout en se félicitant de cette révision, a mis en garde contre « l’écueil du spectaculaire » qui risquerait de détourner l’attention des réformes de fond nécessaires. Il a insisté sur la nécessité de doter les services d’enquête de moyens humains et matériels pérennes, et non de mesures ponctuelles dictées par l’actualité.
Des interrogations sur le suivi
Le député a également questionné la capacité des tribunaux à absorber ce surcroît de travail sans allonger davantage les délais de justice. Il a réclamé des garanties sur le suivi individuel de chaque dossier, afin que les victimes potentielles ne restent pas dans l’attente d’une réponse. « Il ne faudrait pas que cette annonce reste lettre morte », a-t-il averti, réclamant un engagement chiffré de l’exécutif en matière de recrutement et de formation.
Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur la protection de l’enfance en France, où les associations alertent régulièrement sur le manque de professionnels spécialisés dans l’audition des mineurs.