Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, doit effectuer à partir de mardi une visite dans trois États du Golfe, en pleines négociations avec Téhéran. Selon le département d’État américain, ce déplacement de trois jours, du 23 au 25 juin, le mènera aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn.

Lors de cette tournée, Marco Rubio évoquera avec ses interlocuteurs plusieurs dossiers brûlants, au premier rang desquels le mémorandum d’entente signé avec l’Iran et les efforts pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. À Bahreïn, il doit également rencontrer les représentants du Conseil de coopération du Golfe (CCG), organisation qui réunit six monarchies de la péninsule arabique, dont l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman.

Des alliés mis à l’épreuve pendant la guerre

Les trois pays visités ont été directement frappés par des attaques iraniennes lors du conflit qui a opposé Téhéran aux forces américaines et israéliennes. Ces frappes, qui ont visé des infrastructures civiles, ont mis en lumière les fragilités des alliances sécuritaires entre Washington et ses partenaires du Golfe. De nombreux responsables de ces États n’avaient pas été informés à l’avance du déclenchement de l’opération américaine baptisée « Epic Fury », ce qui a créé des tensions diplomatiques.

Aujourd’hui, alors que les discussions de paix avancent, les pays du Golfe sont appelés à contribuer financièrement à la reconstruction de l’Iran, un sujet sensible dans des capitales qui peinent à justifier un tel engagement auprès de leurs opinions publiques.

Le détroit d’Ormuz au cœur des préoccupations

La question du détroit d’Ormuz reste l’un des points les plus épineux. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part importante du pétrole et du gaz produits au Moyen-Orient, a été largement fermée durant la guerre. Depuis la signature du mémorandum d’entente, le trafic a repris, mais demeure inférieur à son niveau d’avant le conflit. Selon la société d’analyse de données Kpler, 71 navires ont emprunté le détroit ce week-end, un chiffre encore faible par rapport à la normale.

Des pourparlers en parallèle

Cette tournée diplomatique intervient alors que les États-Unis et l’Iran viennent d’achever un premier cycle de négociations en Suisse. Le vice-président américain, J. D. Vance, a salué des « progrès encourageants » à l’issue de ces discussions. Un second cycle est attendu dans les prochains jours, dans le cadre du calendrier fixé par le mémorandum qui a suspendu les hostilités.

Les entretiens de Marco Rubio avec les dirigeants du Golfe visent à coordonner la position des alliés régionaux des États-Unis à l’approche de ces futures discussions, alors que l’Iran cherche à obtenir la levée complète des sanctions et des garanties sur la sécurité de ses installations.