Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis étaient prêts à entamer des négociations « très sérieuses » sur le programme nucléaire iranien, à condition que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz. Cette annonce, faite lors d'un entretien à New Delhi, intervient alors que l'administration Trump semble prête à accepter un accord intérimaire qui n'éliminerait pas immédiatement la capacité de l'Iran à produire des armes nucléaires.

« On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table », a expliqué Marco Rubio. « Le détroit doit être rouvert immédiatement, et ensuite nous entrerons, selon des paramètres convenus, dans des discussions très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais posséder d'armes nucléaires. »

Selon un responsable américain qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, un accord de principe aurait été trouvé : la réouverture du détroit d'Ormuz en échange d'un engagement de Téhéran à se débarrasser de son uranium hautement enrichi. L'Iran n'a pas confirmé publiquement cette information, pas plus qu'il n'a précisé sa position concernant ses stocks d'uranium enrichi.

Un processus en plusieurs étapes

Marco Rubio a insisté sur le fait que la ligne rouge de la Maison-Blanche — l'interdiction pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire — n'avait pas changé. Il a toutefois reconnu que les discussions s'inscriraient dans une approche progressive, ce que certains critiques jugent risqué, estimant que cela pourrait réduire la marge de manœuvre américaine dans les négociations.

« Cela ne peut pas prendre des années, mais il faudra du temps pour traiter ces questions techniques », a-t-il précisé. Le chef de la diplomatie américaine a ajouté que « sept ou huit pays de la région » soutenaient cette approche et que les États-Unis étaient prêts à avancer dans cette direction.

Une fenêtre de deux mois

Interrogé sur les conséquences d'un échec des pourparlers, Marco Rubio a suggéré que l'administration Trump pourrait renouveler ses menaces de frappes contre l'Iran si aucun accord n'était conclu dans un délai de deux mois. « En fin de compte, l'approche doit produire ce que nous voulons qu'elle produise », a-t-il déclaré. « Si ce n'est pas le cas, le président dispose alors de toutes les options qu'il a aujourd'hui. »

Cette position intervient alors que le secrétaire d'État s'exprimait pour la première fois devant la commission des relations étrangères du Sénat depuis le début du conflit lancé par l'administration Trump contre l'Iran en février, présenté à l'époque comme une guerre courte de quelques semaines.

Divergences sur la poursuite des pourparlers

Parallèlement, des contradictions sont apparues entre les déclarations américaines et iraniennes. Alors que Marco Rubio affirmait que Téhéran avait accepté de négocier des aspects de son programme nucléaire qu'il refusait d'aborder il y a encore un mois, les autorités iraniennes ont annoncé la suspension des pourparlers de paix et la fermeture complète du détroit d'Ormuz. Cette divergence souligne la fragilité des discussions en cours.

Le secrétaire d'État a toutefois réaffirmé la préférence de Donald Trump pour une solution diplomatique : « Il préférera toujours aborder les choses par la diplomatie, par des accords, et c'est pourquoi nous allons épuiser toutes les opportunités d'en conclure un. »