Matthieu Pigasse, banquier d'affaires âgé de 58 ans également connu pour diriger le groupe de presse Les Échos et Radio Nova, s'est dit disponible pour se porter candidat à l'élection présidentielle de 2027 au nom d'une « gauche radicale de gouvernement ». Dans un entretien accordé à plusieurs médias, il a précisé qu'il ne se lancerait que si la gauche avait besoin de lui, se positionnant comme un recours potentiel plutôt qu'un candidat déclaré d'emblée.
L'ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn et de Lionel Jospin a esquissé les grandes lignes de son projet. Il propose notamment une revalorisation du salaire minimum de 20 %, le rétablissement d'une police de proximité, ainsi qu'un investissement massif dans les services publics, l'éducation et la santé. Ces mesures visent, selon lui, à répondre à l'urgence sociale et à restaurer la confiance des citoyens dans l'action publique.
Un positionnement politique inédit
Matthieu Pigasse affirme incarner une ligne qui ne se confond ni avec la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon ni avec le social-libéralisme incarné par d'autres figures. Il se décrit comme porteur d'une « gauche radicale de gouvernement », un concept qu'il définit par la capacité à conjuguer des réformes structurelles fortes avec une gestion responsable des finances publiques. Cette posture pourrait séduire une partie de l'électorat en quête d'alternative crédible.
Son profil de banquier d'affaires, associé à sa fortune personnelle estimée à plusieurs centaines de millions d'euros, suscite toutefois des interrogations au sein de la gauche. Certains observateurs soulèvent la contradiction potentielle entre son statut de grand capitaliste et son discours social. Pigasse répond à ces critiques en affirmant que son expérience dans le monde des affaires lui confère une connaissance des rouages économiques nécessaire pour mener des réformes ambitieuses.
Un calendrier électoral encore flou
Le banquier n'a pas précisé à quel moment il trancherait sur une éventuelle candidature. Il conditionne son entrée en lice à un appel explicite de la gauche, sans en définir les modalités concrètes. Ce flou laisse planer le doute sur la réalité de ses ambitions, d'autant que le paysage politique à gauche demeure fragmenté entre plusieurs pôles : La France insoumise, le Parti socialiste, les écologistes et diverses composantes de la gauche radicale.
La déclaration de Matthieu Pigasse intervient alors que la campagne pour la présidentielle de 2027 n'a pas encore officiellement débuté. D'autres figures de gauche, comme l'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg ou le dirigeant de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, sont également évoqués comme candidats potentiels. La multiplication des prétendants pourrait compliquer l'émergence d'une candidature unique à gauche, condition souvent jugée nécessaire pour espérer accéder au second tour.
Réactions contrastées
Les premières réactions politiques à cette annonce sont mitigées. Au sein du Parti socialiste, certains responsables saluent la proposition d'un débat d'idées mais rappellent que le processus de désignation du candidat passera par une primaire ouverte. Du côté de La France insoumise, on se montre sceptique face à ce qu'un cadre décrit comme une « opération de communication d'un homme d'affaires ». Les écologistes, quant à eux, attendent de voir si le programme proposé intègre des mesures concrètes en faveur de la transition écologique.
Matthieu Pigasse dispose d'un réseau médiatique et politique important, ayant notamment été actionnaire du journal Le Monde et proche de personnalités comme l'ancien président François Hollande. Sa capacité à fédérer au-delà de son propre cercle reste à démontrer, mais son entrée en scène pourrait rebattre les cartes d'une primaire de gauche encore en devenir.