L’absence de Mayotte au sein de la Commission de l’océan Indien (COI) constitue un motif récurrent de tension entre la France et l’Union des Comores. Alors que les cinq États membres – Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles et France – siègent dans cette organisation intergouvernementale, le territoire mahorais, pourtant français depuis la consultation de 2011, n’y est pas représenté. La raison tient à la position constante de Moroni, qui considère Mayotte comme une partie intégrante de son archipel et refuse d’entériner une présence séparée de la collectivité.
Une situation figée depuis la départementalisation
Lors du référendum du 31 mars 2011, les habitants de Mayotte ont choisi de devenir le 101e département français, rompant avec le statut de collectivité d’outre-mer. Ce choix a été perçu par les autorités comoriennes comme une violation de l’intégrité territoriale de l’Union des Comores, qui revendique également la souveraineté sur l’île. Depuis lors, la question de l’adhésion de Mayotte à la COI est systématiquement bloquée par le veto comorien. Les diplomates français tentent régulièrement d’obtenir un statut d’observateur ou une représentation indirecte, mais sans succès.
Un enjeu diplomatique et régional
Fondée en 1984, la Commission de l’océan Indien a pour mission de promouvoir la coopération économique, sociale et culturelle entre les îles du sud-ouest de l’océan Indien. L’exclusion de Mayotte prive ce territoire, qui compte environ 300 000 habitants, de toute participation aux programmes régionaux de développement, de sécurité maritime ou de lutte contre les changements climatiques. Pour Paris, cette situation affaiblit la visibilité de la France dans la zone et complique la mise en œuvre de projets transfrontaliers, notamment dans les domaines de la pêche et de la protection de l’environnement.
Des tensions récurrentes
Les relations franco-comoriennes sont régulièrement émaillées par cet obstacle. Lors des sommets de la COI, la délégation française doit composer avec des protestations symboliques de Moroni, qui exige le retrait de toute mention de Mayotte en tant qu’entité distincte. En 2022, le président comorien Azali Assoumani avait déclaré que « Mayotte est et restera comorienne », réaffirmant la position officielle de son pays. Aucune avancée notable n’a été enregistrée depuis, malgré des échanges bilatéraux réguliers entre les deux capitales.
Quelles perspectives ?
Plusieurs observateurs estiment que la solution passerait par un accord politique global incluant une reconnaissance mutuelle des positions, ce qui paraît improbable à court terme. La France continue de défendre le droit à l’autodétermination des Mahorais, tandis que les Comores s’appuient sur les résolutions de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et de l’Union africaine qui reconnaissent l’intégrité territoriale des Comores incluant Mayotte. Tant que ce différend de souveraineté ne sera pas réglé, la participation de l’île aux instances régionales restera un sujet de friction entre les deux pays.