Mehdi Frère, absent des compétitions depuis mars 2024 en raison d'une suspension pour infraction aux obligations de localisation antidopage, a effectué un retour tonitruant sur la scène de l'athlétisme. Dimanche 7 juin, il s'est imposé sur le 10 km de Paris (Adidas 10K Paris) en parcourant la distance en 28 minutes et 11 secondes, soit huit secondes de mieux que l'ancienne marque de référence détenue par Hassan Chahdi (28'19") depuis 2022.

Le coureur de 29 ans n'avait plus participé à une course officielle depuis mars 2024. Sa suspension, prononcée en juin de la même année, l'avait privé des Jeux olympiques de Paris 2024 pour lesquels il était sélectionné sur le marathon. L'unité d'intégrité de l'athlétisme lui reprochait trois manquements à ses obligations de localisation, notamment pour avoir modifié à deux reprises ses informations dans le logiciel dédié après les délais impartis. Malgré un appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS) pour tenter d'annuler la sanction avant les JO, sa requête avait été rejetée.

Une domination sans partage

Sur le parcours parisien, Mehdi Frère a largement distancé ses concurrents, reléguant le deuxième, le Djiboutien Farah Ayeh (28'52"), à plus de 40 secondes. Houssein Aden, également djiboutien, complète le podium en 28'59". Chez les femmes, la Française Margaux Sieracki, déjà lauréate de l'épreuve en 2021 et 2024, s'est imposée en 31 minutes et 48 secondes, améliorant son propre record de l'épreuve établi l'année précédente (32'18"). Elle devance Manon Trapp (32'14") et Javote Guéret (32'51").

Un nouveau départ pour l'athlète

Ce succès marque un nouveau chapitre pour Mehdi Frère, qui avait tenté de prouver sa bonne foi durant la procédure disciplinaire. Sa réintégration sur la scène nationale avec une performance record pourrait lui ouvrir les portes des prochaines échéances internationales, même si les conditions de sa suspension – fondée sur des manquements administratifs et non sur un contrôle positif – suscitent toujours des interrogations dans le milieu. Pour l'heure, l'athlète savoure son retour et envoie un signal fort à ses adversaires.