La bataille autour du renouvellement de la section 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) a pris un nouveau tournant. Donald Trump a annoncé qu'il bloquerait toute extension de ce dispositif de surveillance électronique à moins que le Congrès ne lie son sort à un texte imposant des règles nationales sur l'identification et l'inscription des électeurs. Les dirigeants républicains ont répété que cette mesure électorale ne disposait pas des voix nécessaires pour être adoptée.

Parallèlement, le président a différé la confirmation de Jay Clayton au poste de directeur du renseignement national. Ce report laisse Bill Pulte comme directeur par intérim de l'agence, une nomination qui avait suscité l'indignation des démocrates au Congrès. Ces derniers ont d'ailleurs rompu les négociations bipartisanes sur le renouvellement de la section 702 ce mois-ci, en raison de la colère provoquée par le choix de Pulte.

La section 702 permet à la National Security Agency (NSA) de collecter en masse les communications privées d'étrangers situés hors des États-Unis via des entreprises américaines comme Microsoft et Verizon. Mais elle suscite depuis longtemps des critiques bipartisanes car elle englobe également, dans une proportion inconnue, les communications d'Américains.

L'attitude de Donald Trump à l'égard de cette loi est marquée de longue date par des revirements. Il l'a tantôt dénoncée – alimentant des théories du complot selon lesquelles elle aurait été utilisée pour l'espionner – tantôt présentée comme un outil indispensable contre le terrorisme, les cyberattaques et autres menaces. En 2018, alors que la loi devait être reconduite, il avait publié sur les réseaux sociaux, peu avant un vote, des allégations non étayées d'abus par l'administration Obama. Son chef de cabinet de l'époque, John F. Kelly, avait dû intervenir pour le convaincre de publier un message de soutien.

Aujourd'hui, le chef de l'État sape ainsi les efforts de hauts responsables de son administration qui avaient plaidé auprès des parlementaires en faveur d'une reconduction, arguant que son expiration pourrait gravement nuire à la sécurité nationale. Le sort du programme reste donc en suspens, et son absence pourrait se prolonger pendant des semaines, voire des mois.