Un but en prolongation qui change tout
L'Espagne a arraché son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 au terme d'un scénario haletant face au Portugal, dimanche dernier. Menés au score une grande partie de la rencontre, les hommes de Luis de la Fuente ont renversé la vapeur dans les toutes dernières secondes grâce à une tête de Mikel Merino, entré en jeu quelques minutes plus tôt. Ce but, inscrit dans le temps additionnel de la seconde période, a scellé le sort des Portugais et de leur légendaire capitaine Cristiano Ronaldo, qui disputait là son dernier match dans un tournoi international.
Un super-surnuméraire providentiel
Mikel Merino, milieu de terrain d'Arsenal, n'était pourtant pas assuré de participer à cette compétition. Victime d'une fracture de stress au pied en janvier – une blessure rare, y compris pour les spécialistes – il n'a retrouvé les terrains qu'un mois avant le début du Mondial. « Je vis chaque minute avec une joie incroyable », confiait-il récemment, soulignant avoir douté de pouvoir être de l'aventure. Devenu le joker de luxe de la sélection espagnole, il a récidivé au tour suivant. Face à la Belgique en quarts de finale, il a de nouveau surgi du banc pour inscrire le but vainqueur à la 88e minute, profitant d'une erreur du gardien remplaçant Senne Lammens, entré à la suite de la blessure de Thibaut Courtois. L'Espagne s'est ainsi imposée 2-1 et s'est offerte une place dans le dernier carré.
Un collectif qui s'adapte
Si le héros des deux dernières rencontres se nomme Merino, l'ensemble de l'équipe espagnole fait preuve d'une capacité d'adaptation remarquable. Les latéraux Nico Williams et Ferran Torres ont notamment combiné pour créer des décalages tout au long du tournoi. Le sélectionneur Luis de la Fuente loue la polyvalence de son groupe. « Mikel est incroyable », a-t-il déclaré après le succès contre la Belgique, faisant écho à l'état d'esprit du vestiaire. En revanche, le jeune prodige Lamine Yamal, très attendu, n'a pas encore pleinement confirmé les espoirs placés en lui, laissant la lumière à des joueurs d'expérience.
Un parcours qui rappelle 2010
Avec cette qualification pour les demi-finales, l'Espagne répète son exploit de 2010, année où elle avait remporté le titre mondial. Pour y parvenir à nouveau, il faudra d'abord écarter la France, emmenée par Kylian Mbappé. Les deux équipes s'affronteront pour une place en finale. Du côté portugais, l'élimination précoce marque la fin d'une ère : Cristiano Ronaldo, 41 ans, n'aura pas réussi à soulever le trophée suprême avec sa sélection. Le héros du soir, Mikel Merino, incarne pour sa part la revanche d'un joueur souvent relégué au second plan mais qui, par son abnégation et son sens du timing, écrit les plus belles pages de cette Coupe du monde.
La philosophie de Merino : être un bon humain d'abord
Interrogé sur sa place dans le groupe, le joueur d'Arsenal insiste sur les valeurs qui le guident. « L'objectif est d'être d'abord une bonne personne, ensuite un bon footballeur », a-t-il expliqué. Une philosophie qui semble porter ses fruits à mesure que la Roja progresse dans la compétition.