Meta a annoncé son entrée sur le territoire canadien avec un projet de centre de données d’envergure dans la province de l’Alberta. L’installation, située dans le comté de Sturgeon, représente un investissement de 13 milliards de dollars canadiens (environ 10 milliards de dollars américains) et atteindra une capacité électrique d’un gigawatt, ce qui en fait le 33e site de ce type pour le groupe dirigé par Mark Zuckerberg et le plus important jamais réalisé en dehors des États-Unis.

Un chantier colossal et des retombées locales La construction du campus doit s’étendre sur une période de deux à trois ans. Au plus fort des travaux, jusqu’à 3 000 employés seront mobilisés sur le site. Une fois opérationnel, le centre emploiera environ 300 personnes de façon permanente. Meta a présenté le projet en s’adressant directement au comté de Sturgeon, marquant ainsi une nouvelle étape dans l’expansion de son réseau mondial de centres de données, alors que la demande liée à l’intelligence artificielle continue de croître.

Pourquoi l’Alberta attire les hyperscalers L’Alberta offre des conditions particulièrement attractives pour les géants de la technologie. La province dispose d’abondantes réserves de gaz naturel, dont le prix est nettement inférieur à celui pratiqué aux États-Unis. Son climat continental permet également de réduire les coûts de refroidissement des infrastructures. De plus, le gouvernement provincial autorise les porteurs de projets à construire leurs propres sources d’énergie afin de contourner les limites du réseau électrique existant. Cette politique a déjà attiré d’autres grandes entreprises du secteur.

Alimentation énergétique et enjeux environnementaux Une fois pleinement opérationnel, le campus consommera autant d’électricité qu’environ 800 000 foyers. Pour répondre à ces besoins, Meta s’est associé à l’entreprise albertaine Pembina Pipeline afin de construire une centrale électrique au gaz naturel dédiée, baptisée Greenlight Electricity Centre. Sa mise en service est prévue pour la fin de l’année 2030, avec une consommation estimée à 150 millions de pieds cubes de gaz par jour. En attendant, c’est l’entreprise Capital Power qui fournira l’électricité nécessaire au démarrage du site.

Meta assure vouloir injecter suffisamment d’énergie propre dans le réseau pour couvrir la totalité de la consommation de son centre de données et financer intégralement les nouvelles infrastructures, ce qui, selon le groupe, devrait profiter à l’ensemble des consommateurs albertains. Le gouvernement fédéral canadien a par ailleurs présenté une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle reposant sur le réseau électrique propre du pays, largement alimenté par des énergies renouvelables.

Un investissement dans un contexte de forte croissance Ce projet s’inscrit dans la trajectoire d’investissement massive de Meta, dont le budget de dépenses en capital devrait approcher les 145 milliards de dollars américains. Le groupe mène simultanément d’autres chantiers de grande ampleur, notamment au Texas, pour renforcer ses capacités de calcul dédiées à l’intelligence artificielle.

Le centre de données de l’Alberta représente ainsi une pièce maîtresse de la stratégie d’expansion de Meta hors des États-Unis, tout en illustrant l’attractivité croissante de la province canadienne pour les infrastructures numériques lourdes.