La colère enfle à Southampton, dans le sud de l’Angleterre, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des agents de police en train de menotter un étudiant grièvement blessé. Henry Nowak, 18 ans, avait été poignardé à cinq reprises dans la nuit du 3 décembre 2025 alors qu’il rentrait d’une soirée. Il est décédé peu après.

Le 1er juin 2026, Vickrum Digwa, un jeune homme sikh de 23 ans, a comparu devant la justice pour ce meurtre. Au lendemain de cette audience, un rassemblement de plus d’un millier de personnes s’est tenu dans la ville, sous le mot d’ordre « Justice pour Henry ». Les participants, qui accusent la police d’avoir pratiqué une « police à deux vitesses », ont attaqué les forces de l’ordre à coups de projectiles. Plusieurs agents ont été pris pour cible pendant la manifestation.

Une vidéo qui enflamme les esprits

La controverse est née de la diffusion d’une séquence filmée le soir du drame. On y voit des policiers s’approcher d’Henry Nowak alors qu’il est encore vivant, allongé au sol, et lui passer les menottes. L’image a profondément choqué l’opinion, beaucoup estimant que l’intervention était inappropriée face à un blessé en détresse. Les autorités n’ont pas encore officiellement commenté cette vidéo, mais la pression monte sur le service de police local.

Un procès qui ravive les tensions

Le procès de Vickrum Digwa, qui s’est ouvert le 1er juin, a relancé l’émotion autour de l’affaire. L’accusé, âgé de 23 ans et de confession sikh, est jugé pour meurtre. Les circonstances exactes de l’agression, survenue en pleine rue, restent à établir. La défense n’a pas encore présenté sa ligne d’argumentation. La communauté sikhe locale a publié un communiqué condamnant le crime et appelant au calme, tout en soulignant que l’acte était individuel et ne reflétait pas les valeurs de leur foi.

Les autorités sous pression

La police du Hampshire, en charge de l’enquête, se retrouve au cœur de la critique. Les manifestants lui reprochent non seulement l’attitude des agents sur la vidéo, mais aussi un supposé traitement de faveur accordé à l’accusé en raison de son origine. Aucun élément officiel ne vient étayer cette accusation à ce stade. Le ministère de l’Intérieur britannique a indiqué suivre la situation « avec attention » sans prendre de mesure immédiate.

Réactions politiques et religieuses

Plusieurs responsables politiques locaux ont appelé au calme et à laisser la justice suivre son cours. Des représentants de la communauté sikhe ont demandé la retenue et exprimé leur compassion pour la famille de la victime. De son côté, la famille d’Henry Nowak a dénoncé les violences lors du rassemblement et demandé que l’hommage à leur fils ne soit pas instrumentalisé.

L’affaire met en lumière les tensions communautaires et la défiance croissante envers les forces de l’ordre au Royaume-Uni. Le procès de Vickrum Digwa doit se poursuivre dans les semaines à venir, tandis que l’enquête interne sur l’intervention policière est menée par l’Independent Office for Police Conduct (IOPC).