MG Motor s'engage concrètement dans la production locale en Europe.

Le constructeur automobile chinois MG Motor a annoncé, début juin 2026, le site où seront assemblés ses futurs véhicules électriques destinés au marché européen. L'usine sera implantée en Espagne et la production devrait débuter en 2028. Cette décision marque une étape décisive dans la stratégie de la marque, longtemps attendue par les observateurs du secteur.

Un choix contraint par des taxes douanières élevées

Cette implantation répond avant tout à une contrainte économique majeure. Depuis plusieurs mois, l'Union européenne applique des droits de douane de 45 % sur les voitures électriques importées de Chine. Ces taxes, destinées à protéger l'industrie automobile européenne et à encourager la production locale, pénalisent lourdement les constructeurs chinois qui exportent depuis leur pays d'origine. En fabriquant en Europe, MG Motor évite ce surcoût et peut maintenir des prix compétitifs sur le Vieux Continent.

Le constructeur, filiale du groupe chinois SAIC Motor, commercialise déjà plusieurs modèles électriques en Europe, dont la MG4, la MG ZS et la récente MG Cyberster. Jusqu'à présent, tous ces véhicules étaient fabriqués en Chine et importés, ce qui les rendait vulnérables aux hausses tarifaires.

L'Espagne, un territoire industriel attractif

Le choix de l'Espagne n'est pas anodin. Le pays dispose d'une longue tradition automobile et offre un tissu industriel déjà structuré autour de grands constructeurs (Seat, Renault, Ford). Les autorités espagnoles ont par ailleurs multiplié les incitations financières pour attirer les investissements liés à la mobilité électrique, s'inscrivant dans le cadre du plan « PERTE VEC » (Projet stratégique pour la récupération et la transformation économique du véhicule électrique).

MG Motor n'a pas précisé la localisation exacte de l'usine ni le montant de l'investissement. Il n'a pas non plus détaillé les modèles qui seront assemblés sur place, ni les volumes de production envisagés. Ces annonces devraient être communiquées dans les prochains mois, à mesure que le projet avance.

Une stratégie de « localisation » devenue indispensable

La décision de MG s'inscrit dans une tendance plus large : les constructeurs chinois multiplient les annonces d'usines en Europe pour contourner les barrières douanières et se rapprocher des consommateurs européens. BYD, Geely (propriétaire de Volvo) ou encore Great Wall Motors ont également annoncé des projets de production locale, en Hongrie, en Turquie ou encore en Pologne.

Pour MG Motor, qui a construit une image de marque au positionnement prix agressif en Europe, disposer d'une usine sur le continent est devenu une nécessité pour rester un acteur crédible face aux constructeurs historiques européens et aux nouvelles obligations réglementaires. L'Union européenne durcit en effet progressivement ses exigences en matière d'empreinte carbone et d'approvisionnement local pour les batteries.

Un calendrier encore lointain

La mise en service de l'usine espagnole n'interviendra pas avant 2028, soit dans environ deux ans. En attendant, MG continuera d'importer ses véhicules depuis la Chine, en supportant les droits de douane actuels. Ce délai laisse le temps au constructeur de finaliser ses plans industriels, de recruter les équipes et de mettre en place la chaîne logistique nécessaire.

L'annonce de ce 2 juin 2026 met fin à plusieurs années de spéculations. MG Motor avait évoqué à plusieurs reprises son intention de produire en Europe, mais sans jamais confirmer de lieu précis avant aujourd'hui.