Microsoft a franchi une nouvelle étape dans sa quête de l’ordinateur quantique en dévoilant Majorana 2, la version améliorée de son processeur topologique. Présentée à l’occasion de sa conférence annuelle destinée aux développeurs, cette puce s’appuie sur une architecture dite « topologique », qui exploite des particules théoriques appelées fermions de Majorana pour créer des qubits – l’équivalent quantique des bits classiques – intrinsèquement plus stables.

Des qubits mille fois plus fiables Selon la firme de Redmond, les qubits de Majorana 2 sont environ mille fois plus fiables que ceux de la génération précédente, Majorana 1, dévoilée l’année passée. Cette amélioration spectaculaire proviendrait d’un nouvel empilement de matériaux, combiné à des techniques avancées issues du laboratoire Microsoft Research. L’entreprise affirme que cette fiabilité accrue est un jalon déterminant pour rendre le calcul quantique suffisamment robuste pour des applications concrètes.

Un calendrier ambitieux Microsoft estime désormais pouvoir atteindre un ordinateur quantique « déployé à grande échelle » dès 2029. Cette annonce raccourcit sensiblement les horizons traditionnellement annoncés par le secteur, qui tablait plutôt sur le début des années 2030 pour une exploitation commerciale. La feuille de route de l’entreprise prévoit une progression graduelle : après la validation de Majorana 2, l’étape suivante consistera à assembler plusieurs puces pour former un système de calcul complet.

Prudence du monde académique Le précédent processeur, Majorana 1, avait suscité un certain scepticisme parmi les physiciens, plusieurs doutant de la réalité des observations de fermions de Majorana dans un dispositif solide. Microsoft avait alors publié des résultats dans une revue scientifique, mais les critiques persistaient sur la reproductibilité des expériences. Pour cette deuxième itération, la société n’a pas encore fourni de données détaillées soumises à évaluation par les pairs, mais elle promet de publier des articles scientifiques dans les mois à venir pour étayer ses performances.

Contexte concurrentiel Cette annonce s’inscrit dans une course mondiale à la suprématie quantique. Des rivaux comme Google et IBM poursuivent également leurs recherches, avec des approches différentes – supraconducteurs, ions piégés ou photons – tandis que des startups et des centres de recherche explorent d’autres voies. La promesse d’un ordinateur quantique fonctionnel d’ici la fin de la décennie pourrait transformer des secteurs entiers, de la découverte de nouveaux matériaux à la cryptographie, en passant par l’optimisation logistique et la modélisation moléculaire.

Prochaines étapes Microsoft n’a pas précisé le nombre exact de qubits embarqués sur Majorana 2, ni la puissance de calcul équivalente attendue. L’entreprise a indiqué que la puce fonctionne déjà au sein de ses laboratoires et que les premiers tests confirment ses gains de fiabilité. La prochaine démonstration publique devrait avoir lieu d’ici un an, avec un prototype capable de réaliser des opérations quantiques simples.