Une enquête a été ouverte à Milan après la mise au jour de discussions privées tenues sur WhatsApp par des conducteurs de tramway. Ces derniers sont accusés d’avoir partagé entre eux des images issues des caméras de vidéosurveillance embarquées à bord des rames. Les clichés, qui montraient des plans rapprochés sur les jambes, le visage, la poitrine et les cuisses de passagères, étaient accompagnés de commentaires ouvertement sexistes, selon les informations recueillies.

Les faits ont été révélés par un article de presse qui a consulté les captures d’écran des échanges. Sur ces messages, les conducteurs se seraient livrés à des appréciations dégradantes sur l’apparence des voyageuses, tout en se transmettant les images captées en cabine. L’affaire a rapidement suscité une onde de choc dans la ville lombarde.

La réaction de l’opérateur de transport

La société ATM, qui assure la gestion du réseau de tramway milanais, a immédiatement réagi en annonçant l’ouverture d’une procédure disciplinaire. L’entreprise a indiqué avoir suspendu à titre conservatoire les employés mis en cause, dans l’attente des résultats de l’enquête interne. ATM a également condamné fermement ces agissements, rappelant que la vidéosurveillance est installée dans un but de sécurité des usagers et non pour être détournée à des fins personnelles.

Procédure judiciaire en cours

Parallèlement, le parquet de Milan a été saisi et une enquête préliminaire est en cours pour déterminer les éventuelles infractions pénales. L’utilisation non autorisée d’images de vidéosurveillance et la diffusion de contenus potentiellement attentatoires à la dignité des personnes pourraient constituer des violations de la législation sur la protection des données personnelles ainsi que du droit pénal italien. Les enquêteurs s’efforcent d’identifier l’ensemble des participants au groupe WhatsApp et de mesurer l’ampleur des partages.

Un précédent qui interroge

Cette affaire ravive les inquiétudes quant au respect de la vie privée dans les transports publics et à la banalisation des comportements sexistes en milieu professionnel. Plusieurs associations féministes et de défense des droits des femmes ont appelé à des sanctions exemplaires, estimant que ces agissements constituent une violation grave de l’intimité des usagères. L’enquête devrait également examiner si d’autres agents de la société ATM ont été impliqués dans des pratiques similaires.