L'extraction et le raffinage des minéraux critiques n'ont jamais été aussi concentrés à l'échelle planétaire. C'est la mise en garde formulée par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans ses dernières analyses. Selon l'organisation, cette concentration géographique, déjà élevée, s'est encore renforcée, faisant peser des risques sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Parallèlement, les prix de ces matières premières stratégiques s'inscrivent dans une tendance haussière.

Un avantage net pour Pékin

Cette dynamique de concentration profite en premier lieu à la Chine. Le pays domine désormais une part écrasante des capacités mondiales d'extraction et, surtout, de raffinage des minéraux critiques – des métaux et terres rares indispensables à la fabrication de batteries électriques, d'éoliennes, de panneaux solaires ou d'équipements électroniques. Ce quasi-monopole chinois sur les étapes de transformation confère à Pékin un levier majeur sur les industries de la transition énergétique et de la high-tech.

Des prix sous tension

La concentration de l'offre sur un nombre restreint de pays producteurs et raffineurs expose les marchés à des chocs d'approvisionnement. L'AIE observe que cette situation tend à maintenir une pression à la hausse sur les cours des minéraux critiques. La demande mondiale, portée par l'électrification des transports et le déploiement des énergies renouvelables, continue de croître rapidement, tandis que les capacités de production hors de Chine peinent à se développer au même rythme.

Un enjeu stratégique pour les pays occidentaux

Face à ce constat, plusieurs gouvernements occidentaux tentent de diversifier leurs sources d'approvisionnement et d'accélérer l'ouverture de nouvelles mines et usines de raffinage sur leur territoire ou chez des partenaires alliés. Les mesures annoncées ces derniers mois, qu'il s'agisse de subventions, de permis accélérés ou d'accords commerciaux, visent à réduire la dépendance à l'égard de la Chine. Toutefois, comme le souligne l'AIE, ces efforts n'ont pas encore inversé la tendance à la concentration, qui continue de s'accentuer.