Un exploit dans l’histoire du tournoi
Moïse Kouame est devenu ce jeudi 28 mai le plus jeune joueur à se hisser au troisième tour de Roland-Garros depuis l'Américain Michael Chang en 1988. À 17 ans seulement, le jeune Français a livré une bataille de 4h56 sur le court Suzanne-Lenglen pour écarter le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, classé 71e mondial. Le score final de 6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6 (10/8) témoigne d’un scénario renversant.
Classé 318e à l’ATP, le natif de Sarcelles avait déjà créé la surprise au premier tour en éliminant le vétéran croate Marin Cilic, ancien numéro 3 mondial et vainqueur en Grand Chelem, en trois manches sèches. Ce deuxième tour l’a vu puiser dans des ressources insoupçonnées.
Un retour inouï sous une chaleur accablante
Le match a basculé dans la cinquième manche. Mené 5-2, break en sa défaveur, Kouame semblait au bord de la défaite. Il est pourtant parvenu à recoller, attisant l’enthousiasme du public parisien. « Quand je me suis retrouvé à 5-3, break dans le cinquième, je n’ai jamais cessé d’y croire », a-t-il confié après la rencontre. Il a ensuite remporté le super tie-break 10-8, concluant l’échange sur une dernière accélération.
Son entraîneur, Liam Smith, a salué la performance mentale de son protégé. « Sa remontée dans le cinquième set est incroyable », a-t-il soufflé, soulignant la force de caractère du jeune joueur.
Un phénomène qui capte l’attention au-delà du tennis
Les audiences télévisées de cette rencontre ont enregistré un bond significatif, signe que le prodige dépasse désormais le cercle des seuls amateurs de tennis. Le phénomène Kouame suscite un engouement national et une pression médiatique grandissante à mesure qu’il avance dans le tableau. « Le boost médiatique est agréable, mais il faudra gérer l’enthousiasme du pays », relève-t-on dans son entourage.
Des gains déjà records pour un mineur
Avec ce parcours, Kouame est assuré de repartir avec au moins 187 000 euros de prize money. Une somme qui dépasse déjà l’intégralité de ses gains en carrière. Cependant, en raison de son statut de mineur, la gestion de ces revenus est strictement encadrée : une partie est confiée à la Caisse des dépôts et consignations, et il ne pourra en disposer librement qu’à sa majorité. Ses parents bénéficient d’un droit d’administration pour financer ses déplacements et sa structure d’entraînement.
Kouame est par ailleurs représenté par l’agence IMG Tennis, qui gère son développement sportif et commercial.
Prochain défi samedi sur le Lenglen
Le programme de samedi 30 mai prévoit la troisième rotation sur le court Suzanne-Lenglen pour Moïse Kouame. Il y affrontera le Chilien Alejandro Tabilo, joueur coriace sur terre battue. Une victoire lui offrirait une place en huitièmes de finale ainsi qu’un prize money de 285 000 euros.
Le jeune espoir tricolore, entraîné par Richard Gasquet, avait déjà goûté au circuit ATP cette année lors d’invitations aux Masters 1000 de Miami et de Monte-Carlo. Son passage en trois sets contre Marin Cilic puis ce combat en cinq manches prouvent une capacité d’adaptation rare pour un joueur de son âge.
Un prodige à la maturité déjà affirmée
Né le 3 mars 2009, Kouame est le plus jeune vainqueur tricolore porte d’Auteuil depuis Thierry Tulasne en 1980. Il a remporté trois tournois ITF à 16 ans avant de percer sur le grand circuit. « Je savais à quoi m’attendre », a-t-il déclaré, affichant une sérénité qui impressionne les observateurs. Son jeu, qualifié d'« ultraphysique » et d'une « maturité déjà affirmée », tranche avec son âge.
La question qui agite désormais les gradins de Roland-Garros est de savoir jusqu’où ce prodige pourra aller. Pour l’heure, il continue d’écrire une page inattendue de l’édition 2026.