Les rues de Kinshasa et de l'est de la RDC vibrent au rythme du Mondial 2026. Depuis le match nul arraché par les Léopards face au Portugal, l'enthousiasme des supporters ne faiblit pas. À quelques heures du deuxième match de groupe contre la Colombie, prévu à 2h GMT ce mercredi 24 juin, la nation tout entière retient son souffle.

Une ferveur populaire contrastée

Dans les marchés, les vendeurs de maillots ne désemplissent pas. Pourtant, le prix des tuniques officielles reste un obstacle majeur pour de nombreux ménages. Dans l'est du pays, où la précarité est plus marquée, cette passion pour les Léopards se heurte à une dure réalité économique. Les supporters improvisent parfois des maillots artisanaux, peints aux couleurs nationales, pour manifester leur soutien.

Parallèlement, la menace sanitaire plane toujours. La RDC fait face à une épidémie d'Ebola qui a déjà causé plus de 1 000 cas confirmés et au moins 250 décès, selon les autorités. Cette situation a provoqué des réactions à l'international : des communes espagnoles ont annulé des matchs amicaux de préparation de la RDC, par crainte de propagation du virus. Le supporter congolais « Lumumba Vea », figure emblématique, a dû observer une quarantaine avant de pouvoir rejoindre les États-Unis pour assister aux rencontres.

Un espoir renouvelé

Malgré ces difficultés, la performance des Léopards face à l'une des meilleures équipes du monde a galvanisé le pays. « C'est un signe que nous pouvons rivaliser avec les plus grands », confie un supporter dans un marché de Goma. La sélection nationale, emmenée par ses joueurs vedettes, incarne désormais un espoir de renouveau pour une nation meurtrie par des décennies de conflits et de crises sanitaires.

Le match contre la Colombie sera déterminant pour la suite du parcours. Une victoire ouvrirait la voie aux huitièmes de finale, un exploit jamais réalisé par la RDC en Coupe du monde. Les supporters, confiants mais lucides, savent que le chemin est encore long. « Nous devons rester unis, derrière nos Léopards, quoi qu'il arrive », ajoute un vendeur de maillots à Bukavu.

Un contexte international tendu

Au-delà de la RDC, le Mondial 2026 suscite également une ferveur continentale. Au Sénégal, après la défaite 3-2 contre la Norvège, les supporters oscillent entre déception et espoir. Les Lions doivent se relancer lors des prochains matchs pour espérer sortir de la phase de groupes. L'ambiance reste bon enfant : la pression monte à Dakar, où les fans-zones refusent du monde avant chaque rencontre.

Mais les tensions ne sont pas absentes. En Espagne, plusieurs maires ont pris des décisions radicales face à la crainte d'une contagion d'Ebola. La ville d'Ourense a annulé un match de préparation de la RDC, tandis qu'un autre maire a interdit une rencontre amicale entre la RDC et le Chili. « Nous devons protéger la santé de nos citoyens », ont-ils justifié. Ces mesures, bien que compréhensibles sur le plan sanitaire, ont été perçues comme une stigmatisation injuste par certains supporters congolais.

Les enjeux au-delà du football

Cette Coupe du monde revêt une importance particulière pour la RDC. Elle offre une visibilité internationale au pays, souvent éclipsé par les guerres et les épidémies. Les Léopards portent les espoirs d'une nation qui aspire à tourner la page. Le gouvernement a d'ailleurs déployé des moyens importants pour la logistique et la sécurité des joueurs, tout en maintenant les mesures de prévention contre Ebola à l'intérieur du territoire.

Le match de ce mercredi soir sera suivi avec ferveur à travers toute l'Afrique centrale. Les télévisions, les radios et les réseaux sociaux s'activent pour faire vivre ce moment. Pour les supporters, c'est plus qu'un match : c'est une revanche sur le destin.