Les négociations entre Washington et Téhéran entrent dans une phase cruciale alors que les États-Unis envisagent de prendre le contrôle des fonds iraniens actuellement gelés à l'étranger. Selon des informations émanant de sources proches des discussions, l'administration américaine travaille sur un dispositif visant à superviser les actifs qui seraient libérés progressivement dans le cadre d'un accord global.
Ce mécanisme, en cours d'élaboration, permettrait aux autorités américaines de gérer les sommes dégelées afin de garantir qu'elles ne soient pas utilisées à des fins contraires aux intérêts de la sécurité nationale. Un haut responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a confirmé que l'option d'une supervision directe de ces fonds par les États-Unis était activement étudiée. « Nous ne laisserons pas ces ressources financières servir à déstabiliser la région », a-t-il déclaré.
Un enjeu économique et diplomatique majeur
La question des fonds iraniens bloqués dans plusieurs pays, notamment en Irak, en Corée du Sud et au Japon, constitue l'un des principaux points de friction dans les pourparlers. Les montants concernés, estimés à plusieurs milliards de dollars, avaient été gelés dans le cadre des sanctions américaines imposées après le retrait de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018.
L'administration Trump, qui a initié ces discussions, insiste sur la nécessité d'établir un contrôle strict sur ces avoirs. « Ces fonds doivent être utilisés exclusivement pour des besoins humanitaires et civils, pas pour financer des activités militaires ou déstabilisatrices », a affirmé un porte-parole du département d'État.
Des négociations sous tension
Ces développements interviennent dans un contexte diplomatique tendu, marqué par une escalade rhétorique entre les deux capitales. Le président américain a récemment adressé des menaces à Téhéran, tout en maintenant la porte ouverte à un accord. De son côté, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz à plusieurs reprises, provoquant des tensions sur les marchés pétroliers.
Les pourparlers, qui se déroulent avec la médiation de la Suisse, ont déjà abouti à un accord surprise en juin dernier, entraînant une chute des cours du pétrole. Cependant, la mise en œuvre de cet accord reste conditionnée à des garanties sur l'utilisation des fonds dégelés.
Un précédent controversé
Le scénario d'une prise de contrôle par Washington de fonds iraniens libérés n'est pas sans précédent. En 2023, un accord similaire avec le Qatar avait permis le dégel de 6 milliards de dollars d'avoirs iraniens, avec un mécanisme de supervision américain. Cet arrangement avait suscité des critiques de la part de certains élus républicains, qui estimaient que les garanties étaient insuffisantes.
Dans le cadre des négociations actuelles, les responsables américains insistent sur la mise en place d'un système de contrôle renforcé. Un document interne consulté par des sources autorisées décrit un mécanisme à plusieurs niveaux : audits réguliers, approbation préalable des transactions et plafonds de dépenses.
L'avenir des négociations
Les discussions devraient se poursuivre dans les semaines à venir, avec pour objectif de parvenir à un accord-cadre. Les experts estiment que la question du contrôle des fonds pourrait être la clé de voûte d'un compromis plus large, incluant des garanties sur le programme nucléaire iranien et la sécurité du trafic maritime dans le golfe Persique.
L'Iran, de son côté, réclame un dégel sans condition de ses avoirs, estimant qu'il s'agit d'une exigence légitime. Les négociateurs iraniens ont fait savoir que toute tentative de contrôle excessif serait considérée comme une ingérence inacceptable. « Nous sommes prêts à des garanties, mais pas à une tutelle », a déclaré un diplomate iranien proche des discussions.
Le sort des fonds iraniens reste donc suspendu à l'issue de ces négociations cruciales, où chaque camp cherche à maximiser ses intérêts tout en évitant une rupture définitive.