C’est avec une voix entrecoupée et un mouchoir à la main que Savannah Guthrie, co-animatrice de l’émission matinale « Today », a lancé un appel poignant aux téléspectateurs ce mardi 24 juin pour obtenir des informations sur la disparition de sa mère. « Nous sommes en agonie, nous ne pouvons pas trouver la paix. Nous aimons notre maman. Nous ne cesserons jamais de la chercher », a-t-elle déclaré depuis le plateau new-yorkais de l’émission, avant de supplier les personnes ayant des renseignements de se manifester.
Cette intervention intervient au lendemain de la divulgation par plusieurs médias d’une correspondance jusqu’alors tenue secrète. Selon des informations concordantes, les ravisseurs auraient fait parvenir deux lettres : l’une exigeant le paiement d’une rançon en bitcoins d’un montant de plusieurs millions de dollars en échange de la libération de Nancy Guthrie, et une seconde indiquant que cette dernière était décédée. Une source proche de l’enquête a précisé que les auteurs de l’enlèvement n’avaient pas l’intention de tuer la victime, mais que celle-ci serait morte peu après sa disparition.
Cinq mois de mystère et d’angoisse
Nancy Guthrie, 84 ans, vivait seule dans la région de Tucson, en Arizona. Elle n’a plus donné signe de vie depuis le 1er février. Des traces de son sang ont été retrouvées sur le porche de son domicile. Quelques jours plus tard, le Bureau fédéral d’enquête (FBI) diffusait une vidéo de vidéosurveillance montrant un individu masqué devant la porte d’entrée. Malgré ces éléments, aucune piste n’a permis d’élucider l’affaire à ce jour.
Les médias qui avaient reçu les notes de rançon avaient choisi de ne pas en révéler le contenu dans un premier temps, afin de ne pas compromettre l’enquête. La famille de Savannah Guthrie était informée de leur existence. Mais c’est la confirmation de la possible mort de sa mère qui a poussé la journaliste à sortir de sa réserve. « Je n’ai aucun commentaire sur cette affaire, je ne suis pas impliquée dans notre couverture journalistique, a-t-elle précisé en se démarquant de sa chaîne NBC News. Mais je ne peux pas faire comme si je n’étais pas là. Alors, puisque je le suis, je veux profiter de l’occasion pour supplier les gens de se manifester. Quelqu’un sait quelque chose. »
Enquête au point mort
Le bureau du shérif du comté de Pima a renvoyé les questions relatives aux lettres de rançon vers le FBI, qui s’est refusé à tout commentaire. Tom Morrissey, ancien chef des marshals américains à la retraite, interrogé sur les difficultés de l’enquête, a estimé que la diffusion de l’image du suspect et la publicité entourant l’affaire n’avaient toujours pas permis d’aboutir.
L’appel de Savannah Guthrie relance l’attention du public sur une affaire qui, après cinq mois, semblait s’enliser. La journaliste, dont l’émission est suivie par des millions d’Américains, a tenté de transformer sa visibilité en levier pour faire avancer les recherches. « Quelqu’un, quelque part, sait ce qui est arrivé à notre mère », a-t-elle insisté, réitérant sa demande d’informations.
L’émotion suscitée par cette affaire dépasse largement le cercle familial : la disparition d’une personne âgée, seule et vulnérable, dans des circonstances violentes, a profondément touché l’opinion américaine. La révélation de la note de rançon, en particulier son sinistre contenu, a ajouté une dimension tragique à un dossier déjà marqué par l’impuissance des forces de l’ordre. Alors que l’enquête se poursuit sans avancée majeure, l’appel de Savannah Guthrie constitue peut-être le dernier espoir d’obtenir des informations décisives.