Un engouement mesuré
À moins de dix jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, un sondage du centre de recherches Pew publié mardi 2 juin dresse un constat sans appel : une large majorité de la population américaine se montre indifférente à l’événement. D’après cette étude menée en mars auprès de 3 507 adultes, seuls 28 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles suivraient le tournoi. Plus frappant encore, l’intérêt véritablement soutenu — défini par une attention suivie — ne concerne que 14 % des sondés.
Un clivage marqué selon l’origine
L’enquête met en lumière un contraste saisissant entre les Américains nés dans le pays et ceux issus de l’immigration. Parmi les personnes immigrées, 54 % se disent intéressées par la compétition, un taux plus de deux fois supérieur à celui des natifs des États-Unis, qui n’atteint que 23 %. Les communautés asiatiques (44 %) et hispaniques (42 %) affichent également un enthousiasme nettement supérieur à la moyenne nationale.
Un contexte de désaffection
Ces chiffres interviennent alors que le football gagne pourtant en popularité aux États-Unis, notamment chez les jeunes générations. La Coupe du monde 2026, dont les matchs se dérouleront principalement sur le sol américain, devait marquer un tournant pour ce sport dans le pays. Le faible engouement mesuré par Pew pourrait toutefois refléter une concurrence avec d’autres disciplines ou une méconnaissance persistante des enjeux du Mondial.
Des précédents historiques
Ce n’est pas la première fois que l’organisation d’un grand événement sportif suscite un intérêt modéré de la part du public local. En 1994, lors de la première Coupe du monde organisée aux États-Unis, l’affluence dans les stades avait été élevée, mais l’enthousiasme populaire était resté mesuré en dehors des enceintes. Les autorités sportives espèrent que la progression du soccer dans les écoles et les universités finira par créer un socle de supporters plus large.
Un impact économique potentiel
Malgré ce désintérêt apparent, l’organisation du Mondial représente un investissement considérable pour les villes hôtes et les fédérations. Les retombées économiques, touristiques et médiatiques attendues demeurent importantes, même si l’adhésion du public ne semble pas encore au rendez-vous. Les organisateurs misent sur une montée en puissance de l’intérêt à mesure que la compétition se rapprochera et que les rencontres décisives s’enchaîneront.