Au lendemain de la première Coupe du monde à 48 équipes, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a reconnu qu'une édition à 64 nations pourrait être envisagée à l'avenir, relançant les débats sur la taille maximale de l'événement phare du football mondial. Dans une déclaration retransmise par la télévision suisse, Infantino a indiqué que cette hypothèse ferait partie des pistes à étudier une fois le tournoi de 2026 achevé.
Cette perspective, qui concernerait notamment le Mondial 2030 coorganisé par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, modifierait en profondeur l’économie du football. Selon plusieurs observateurs, l’élargissement à 64 équipes réduirait la valeur commerciale des éliminatoires tout en renforçant le poids financier de la FIFA. Les diffuseurs pourraient accorder moins d’importance aux campagnes de qualification, accentuant la dépendance des confédérations régionales vis-à-vis des distributions de la fédération internationale.
Des oppositions nettes
Cette idée ne fait toutefois pas l’unanimité. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, s’y était déjà opposé l’an dernier, estimant qu’elle nuirait à la fois à la Coupe du monde et aux éliminatoires. « Ce n’est pas une bonne idée pour la Coupe du monde elle-même, et ce n’est pas une bonne idée pour nos qualifications non plus », avait-il déclaré, ajoutant que la position de l’instance européenne n’avait pas évolué depuis.
Sheikh Salman bin Ibrahim Al Khalifa, à la tête de la Confédération asiatique de football (AFC), avait également exprimé ses réserves, s’interrogeant sur les limites d’une telle expansion. La question de savoir jusqu’où il serait raisonnable d’aller reste entière.
Un argument d’inclusion
Pour Gianni Infantino, l’élargissement répond à un objectif d’équité. « Si l’on ne donne pas aux petits pays la chance de participer à la Coupe du monde, ils perdront l’incitation à continuer de progresser », a-t-il fait valoir, justifiant ainsi l’idée d’offrir une visibilité mondiale à davantage de nations.
Le passage de 32 à 48 équipes, déjà mis en œuvre pour l’édition 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a porté le nombre de matchs à 104 sur plus de cinq semaines. Un tournoi à 64 équipes, s’il conservait une structure similaire (phase de groupes puis phase à élimination directe à 32), compterait 128 rencontres, soit 24 de plus qu’en 2026 et le double du format précédent. Cette augmentation poserait des défis logistiques considérables en matière de stades, d’hébergements et de transports.
Vers une redistribution des pouvoirs
Au-delà des considérations sportives, c’est l’équilibre des pouvoirs financiers qui serait bouleversé. En rendant la qualification plus aisée pour les grandes nations, la FIFA renforcerait sa propre attractivité commerciale au détriment des compétitions régionales. Les six confédérations verraient leur poids relatif diminuer, tandis que l’instance mondiale gagnerait en influence.
Le Mondial 2030, dont l’organisation a été confiée à trois pays d’Afrique et d’Europe, constitue un test grandeur nature pour ces évolutions. Aucune décision n’a encore été officialisée, mais les déclarations de Gianni Infantino ouvrent une période de réflexion qui pourrait redéfinir le visage du football international pour les décennies à venir.