Alors que la Coupe du monde de football masculin s’apprête à débuter le 11 juin, un constat sans appel émane du corps de presse : sur les 150 journalistes accrédités pour couvrir l’événement, seules dix sont des femmes.

Un chiffre qui interpelle

Ce déséquilibre a été dénoncé par Marie Portolano, journaliste reconnue pour son engagement contre le sexisme dans le monde sportif. Dans une tribune, elle a qualifié la situation d’« intenable » et a invité les médias à s’interroger sur leurs pratiques de sélection. « Il faut nous dire si on dérange », a-t-elle lancé, estimant que les rédactions sportives continuent de privilégier l’envoi d’hommes sur le terrain, malgré les progrès affichés en matière d’égalité.

Portolano a souligné que ce chiffre, qui représente moins de 7 % des effectifs, contredit les discours officiels sur la parité. « C’est impossible de trouver ça normal », a-t-elle ajouté, appelant à une remise en cause des mécanismes de sélection.

Un phénomène persistant

La journaliste a rappelé que la Coupe du monde masculine aurait dû servir de vitrine pour les avancées en faveur de l’égalité. Or, le faible nombre de femmes accréditées montre que le chemin est encore long. Elle a également évoqué les difficultés supplémentaires auxquelles les femmes journalistes doivent faire face sur le terrain, comme le manque de considération ou les comportements sexistes.

Portolano a exhorté les directions des médias à « prendre leurs responsabilités » et à assurer une représentation équitable. Elle a insisté sur le fait que la crédibilité journalistique ne saurait être liée au genre, et que les femmes ont toute leur place dans la couverture d’un événement sportif mondial.

Un appel à la transparence

« Il faut nous dire si on dérange », a-t-elle répété, suggérant que les obstacles à la présence féminine dans les rédactions sportives doivent être ouvertement discutés. Elle a plaidé pour une politique de recrutement et d’affectation plus transparente, afin de garantir une diversité réelle.

Ce cri d’alarme intervient alors que plusieurs études ont montré que les femmes sont largement sous-représentées dans les médias sportifs, tant comme journalistes que comme expertes. La Coupe du monde 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique, constituait selon Portolano une occasion manquée de montrer une image plus inclusive du journalisme sportif.

Un débat qui dépasse le football

Au-delà du cas particulier de ce Mondial, Marie Portolano a insisté sur la nécessité d’un changement structurel dans l’ensemble du secteur. Elle a estimé que les jeunes femmes souhaitant embrasser une carrière de journaliste sportif doivent pouvoir se projeter sans se heurter à un plafond de verre. « Il en va de la crédibilité de notre profession », a-t-elle conclu.

Les réactions n’ont pas tardé, certaines voix au sein des rédactions reconnaissant le bien-fondé de ses critiques. Plusieurs observateurs estiment que ce ratio de 10 femmes sur 150 journalistes devrait inciter à une réflexion approfondie sur les processus de sélection et les biais inconscients.

En attendant, le coup d’envoi de la Coupe du monde sera donné avec une écrasante majorité d’hommes derrière les caméras et les micros, un déséquilibre que Marie Portolano refuse de banaliser.