La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a présenté les grandes lignes du budget 2027, affirmant que les crédits alloués à l’écologie connaîtraient la plus forte progression après ceux des armées. Cette déclaration, faite ce week-end, marque une inflexion dans la politique environnementale du gouvernement, alors que les collectivités locales attendent des financements stables pour leurs projets de rénovation énergétique et d’adaptation climatique.
« L’écologie sera le budget le plus renforcé après celui des armées », a déclaré la ministre, selon des propos rapportés. Elle a également précisé que le Fonds vert, dispositif destiné à soutenir les projets environnementaux des territoires, serait porté à un milliard d’euros en 2027. Ce fonds, créé en 2023 pour financer la transition écologique des collectivités, voit ainsi sa dotation doubler par rapport à son niveau initial.
Un signal fort pour les collectivités
Le Fonds vert, géré par l’Agence de la transition écologique (Ademe) et les préfectures, permet de financer des opérations comme la rénovation thermique des bâtiments publics, l’aménagement de pistes cyclables ou encore la lutte contre l’artificialisation des sols. En portant son enveloppe à un milliard d’euros, l’exécutif entend répondre aux critiques sur l’insuffisance des moyens alloués aux territoires pour faire face aux impératifs climatiques.
Monique Barbut a insisté sur le caractère « prioritaire » de cette enveloppe, en l’inscrivant dans une trajectoire budgétaire où l’écologie représente la deuxième hausse de crédits, juste derrière la défense. Une hiérarchie qui reflète les arbitrages rendus lors du débat d’orientation des finances publiques pour 2027.
Un contexte budgétaire tendu
Ces annonces interviennent alors que le pays cherche à maîtriser ses dépenses publiques tout en honorant ses engagements climatiques. La loi de programmation des finances publiques prévoit une réduction du déficit, mais le gouvernement affiche sa volonté de sanctuariser certains postes. L’écologie, longtemps perçue comme une variable d’ajustement, semble désormais bénéficier d’une attention renforcée.
La ministre a également évoqué la nécessité de « donner de la visibilité » aux acteurs économiques et aux associations, en assortissant ces hausses de crédits de mesures de simplification administrative. Aucun chiffre précis sur la répartition sectorielle du budget écologique n’a toutefois été communiqué.
Réactions contrastées
Si les associations environnementales saluent l’augmentation du Fonds vert, certaines pointent un « effet d’annonce » et redoutent que les crédits ne soient pas intégralement versés. De leur côté, les élus locaux, réunis en congrès ces derniers jours, ont accueilli favorablement la nouvelle, tout en rappelant que les besoins restent immenses.
Le gouvernement devra maintenant traduire ces annonces dans le projet de loi de finances pour 2027, qui sera examiné à l’automne. D’ici là, les discussions budgétaires s’annoncent serrées au Parlement, où les oppositions demandent des garanties sur la soutenabilité des finances publiques.