Le CHU de Montpellier a franchi, ce mardi 16 juin, une étape inédite dans le paysage hospitalier français en officialisant le projet « Alliance Santé IA », un programme visant à intégrer massivement l’intelligence artificielle dans l’ensemble de ses activités. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est rendue dans l’établissement pour assister au lancement de cette initiative, dotée d’un budget de 14,9 millions d’euros, abondé par le plan France 2030.
L’ambition affichée est de faire de l’IA une « couche opérationnelle de toutes les activités du CHU, du soin à la recherche, en passant par la prévention, la formation et le pilotage administratif », a détaillé le professeur David Morquin, praticien hospitalier et responsable du pôle transformation de l’établissement. Ce dernier a insisté sur le fait que les données des patients ne franchiraient « pas les murs de l’institution », répondant ainsi aux préoccupations liées à la protection des informations personnelles.
Soulager les équipes et mieux informer les patients
Le projet a été conçu pour alléger la charge bureaucratique pesant sur les soignants, souvent submergés par les tâches administratives. L’IA doit permettre d’améliorer la qualité de la prise en charge en automatisant certains processus. « L’IA va nous rendre meilleures. Elle ne remplace pas notre travail, elle l’améliore », a témoigné la docteure Barbara Lormeau, médecin aux urgences pédiatriques. Sa consœur, Eléonore Edme, a précisé que les outils développés transforment « les termes médicaux en langage courant, simple et compréhensible », allant jusqu’à élaborer des courriers spécialement rédigés pour les enfants à partir de 7 ou 8 ans.
Une phase pilote avant un déploiement généralisé
Actuellement, environ 200 utilisateurs qualifiés de « pilotes » testent les différents outils en conditions réelles. Le déploiement à plus grande échelle est programmé pour le mois de septembre, avec une mise en œuvre progressive, adaptée aux besoins spécifiques de chaque service. Les professionnels de santé restent toutefois vigilants : les deux pédiatres interrogées soulignent la nécessité d’éviter une simplification excessive ou un manque de nuances. Pour y remédier, l’humain demeurera au cœur des décisions, chargé de « vérifier, corriger et encadrer l’usage de l’IA ».
Un projet mené avec la société ADLIN Science
Le programme est développé en partenariat avec la société ADLIN Science, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la santé. Le CHU de Montpellier, qui prend en charge environ 265 000 patients, se positionne comme un laboratoire grandeur nature de l’hôpital du futur. La ministre Stéphanie Rist a salué « une étape décisive pour bâtir un système de santé plus innovant, plus sûr et plus équitable sur l’ensemble du territoire ».