Le maire Les Républicains d’Alès, Christophe Rivenq, a été contraint de quitter son domicile sous la protection du Raid dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet, a-t-on appris de sources concordantes. Cette mesure d’urgence fait suite à la réception, jeudi dernier, d’un courrier adressé à son domicile contenant deux balles de calibre 9 mm et signé par la mention « DZ NG », une variante orthographique du groupe criminel « DZ Mafia », actif dans la région marseillaise.
L’élu, qui avait déjà été la cible de menaces antérieures, a vu la situation se dégrader avec cet envoi explicite. Selon les informations recueillies, le pli a été déposé à son adresse personnelle jeudi dernier. Pris très au sérieux par les autorités, ce geste a déclenché une intervention de l’unité d’élite de la police nationale, le Raid, qui a procédé à l’exfiltration du maire dans la nuit. Les investigations ont été confiées à la police judiciaire.
Le parquet d’Alès a confirmé l’ouverture d’une enquête pour « menaces de mort » et « intimidation envers un élu ». Les enquêteurs tentent de déterminer l’origine exacte de ces menaces et le lien éventuel avec des affaires de trafic de stupéfiants. La DZ Mafia est un groupe criminel d’origine marseillaise, connu pour ses activités dans le trafic de drogue et les règlements de comptes violents. L’usage de balles de 9 mm est une marque de fabrique de ce type d’intimidation.
Cette affaire s’inscrit dans un climat de tensions croissantes autour de la lutte contre le narcotrafic dans le Gard. Alès, ville de près de 40 000 habitants, est confrontée à une pression criminelle qui s’est intensifiée ces derniers mois. Christophe Rivenq, également vice-président du conseil régional d’Occitanie, avait déjà exprimé publiquement sa détermination à lutter contre l’économie souterraine. Il avait notamment multiplié les opérations de contrôle et les saisies dans les quartiers sensibles.
La préfecture du Gard a indiqué qu’un dispositif de protection renforcé a été mis en place autour de l’édile et de sa famille. Le Raid, qui a assuré son exfiltration, continue de sécuriser les lieux. L’élu devrait rester dans un lieu tenu secret pendant la durée de l’enquête.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Plusieurs élus locaux et nationaux ont exprimé leur soutien à Christophe Rivenq et condamné fermement ces menaces. Le président de la région Occitanie a dénoncé « un acte inadmissible qui vise à faire taire un élu courageux ». Le préfet du Gard a réuni les services de l’État pour coordonner la réponse sécuritaire.
Cette affaire rappelle que les menaces contre les élus locaux sont en augmentation en France, notamment ceux qui s’engagent dans la lutte contre le narcotrafic. En 2024, plusieurs maires avaient déjà été ciblés par des lettres anonymes ou des intimidations. Le gouvernement a annoncé récemment un renforcement des peines pour les actes d’intimidation ou de violence envers les élus.
L’enquête se poursuit pour identifier les auteurs de ces menaces. Le parquet d’Alès n’a pas exclu de nouvelles interpellations dans les prochains jours. En attendant, la ville reste sous haute surveillance, et le maire bénéficie d’une protection policière permanente.