La Russie a officialisé le rappel de son ambassadeur en Arménie pour des consultations, en réaction à ce qu'elle perçoit comme un rapprochement d'Erevan avec l'Union européenne. Cette décision, annoncée par les autorités russes, marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre les deux pays, autrefois alliés stratégiques.
Le rappel d'un ambassadeur pour consultations est une procédure diplomatique classique mais chargée de sens, utilisée par Moscou pour exprimer son mécontentement face à la politique étrangère d'un État partenaire. Dans le cas présent, la Russie reproche à l'Arménie de se tourner vers Bruxelles, au détriment de leurs liens bilatéraux traditionnels.
Ce geste intervient alors que l'Arménie a multiplié les démarches ces derniers mois pour resserrer ses relations avec les institutions européennes, dans le cadre d'une réorientation progressive de sa diplomatie. Erevan cherche notamment à diversifier ses partenariats économiques et sécuritaires, tout en s'éloignant de l'influence russe, qui prédominait depuis des décennies.
La réaction de Moscou s'inscrit dans un contexte régional complexe, marqué par le conflit au Haut-Karabakh et les tensions persistantes avec l'Azerbaïdjan. L'Arménie, membre de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dominée par la Russie, a critiqué à plusieurs reprises le manque de soutien de Moscou face aux agressions azerbaïdjanaises, fragilisant leur alliance.
Le rappel de l'ambassadeur pourrait précéder d'autres mesures de rétorsion de la part de la Russie, qui voit d'un mauvais œil toute avancée de l'Union européenne dans ce qu'elle considère comme sa sphère d'influence naturelle. De son côté, l'Arménie n'a pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais les observateurs s'attendent à une réponse prudente d'Erevan, qui cherche à ne pas rompre complètement avec Moscou tout en poursuivant son ouverture vers l'Ouest.