Des souvenirs encore douloureux
Alors que la capitale retient son souffle avant le choc tant attendu, la crainte de nouvelles violences imprègne le quotidien des riverains et commerçants situés à proximité des hauts lieux de célébration. Les scènes de chaos ayant suivi la victoire du PSG en Ligue des champions en 2025 demeurent dans les mémoires. Véhicules réduits en cendres, tirs de mortiers et intrusions dans des habitations privées : ces incidents alimentent une appréhension palpable à l'approche de la rencontre programmée ce samedi 30 mai à 18 heures.
Une gardienne d'immeuble du seizième arrondissement, Katharina, témoigne de l'atmosphère de prudence qui règne : « Sur la porte, les grilles sont bien fixées et ça protège les vitres s'il y a des coups. Avec les débordements de la fin de match du PSG, on est obligé de se protéger un max », a-t-elle confié. Un habitant du quartier a quant à lui indiqué : « J'aurais aimé prendre un verre dans un des bars de la porte de Saint-Cloud et je ne sors pas, je reste chez moi. J'ai un peu peur vu ce qui s'est passé l'année dernière. »
Commerces aux abris
Sur l'avenue des Champs-Élysées, les commerçants ont adopté une ligne de conduite identique : baisser le rideau dès 17 heures. Plusieurs établissements ont déjà commencé à consolider leur devanture par des panneaux de bois ou des protections métalliques, anticipant d'éventuelles dégradations. Dans le quartier du Parc des Princes, un gérant de restaurant a expliqué sa décision de fermer une heure avant le coup d'envoi : « Le PSG Bayern, l'aller, on a dû fermer à minuit, ce n'était pas prévu. Tout le monde s'est fait gazer sur la place, du coup, dans le restaurant aussi avec le vent. Pour le match retour, on a fermé plus tôt, à 21h. Aujourd'hui on s'est dit qu'on allait fermer à 17h. »
Si la finale se déroule à Budapest, sur la pelouse de la Puskas Arena, une retransmission est organisée au Parc des Princes où environ 47 000 personnes sont attendues. Ce dispositif renforce les inquiétudes des résidents immédiats du stade, qui redoutent des rassemblements massifs.
Un dispositif policier renforcé
Pour encadrer la soirée et prévenir les incidents, les autorités ont prévu le déploiement de 8 000 policiers et gendarmes dans les rues de la capitale. Cette mobilisation vise à sécuriser les zones de forte affluence et à dissuader toute tentative de casse organisée. La préfecture de police a évoqué un objectif de responsabilité et de convivialité, tout en appelant au respect des consignes de sécurité.
Des initiatives d'apaisement du club
En amont de la rencontre, le Paris Saint-Germain a souhaité tendre la main aux habitants en invitant les riverains immédiats du stade à assister à la retransmission dans l'enceinte. Une première dans l'histoire du club, qui entend ainsi limiter les nuisances sonores et les attroupements anarchiques dans les rues adjacentes. En parallèle, 500 enfants issus des clubs de football de la Ville de Paris ont également été conviés à cette retransmission.
Une finale sous haute tension
Le match oppose le Paris Saint-Germain, tenant du titre après sa victoire face à l'Inter Milan en 2025, à Arsenal, fraîchement couronné champion d'Angleterre et en quête d'un premier sacre européen. L'enjeu sportif promet une affiche de prestige, mais les craintes de violences urbaines restent vives, alimentées par les incidents de l'année passée et par la capacité des forces de l'ordre à contenir d'éventuelles dérives.