Un conseiller municipal de Saint-Avold, en Moselle, a présenté sa démission du Rassemblement national (RN) après la mise en ligne d’une séquence vidéo le montrant en train de chanter « Maréchal, nous voilà ! », hymne officiel de l’État français du maréchal Pétain. L’élu, dont l’identité n’a pas été révélée, a quitté le parti d’extrême droite à la suite de la controverse suscitée par ces images.

Une vidéo devenue virale

La scène, filmée lors d’une réunion privée, a été diffusée sur les réseaux sociaux avant d’être relayée par plusieurs comptes. On y voit le conseiller municipal entonner ce chant créé en 1941, qui fut utilisé comme instrument de propagande par le régime collaborationniste de Vichy. Sa diffusion a immédiatement provoqué un tollé, conduisant l’intéressé à remettre son mandat et à se retirer du RN.

Le maire de Saint-Avold également épinglé

Cette affaire intervient dans un climat tendu au sein de la municipalité. Le maire divers droite de Saint-Avold, Hervé Simon, a lui-même été pris pour cible après avoir défilé, la veille, à bord d’une jeep sur laquelle flottait un drapeau confédéré. Ce pavillon, associé aux États esclavagistes du Sud des États-Unis, est aujourd’hui considéré comme un symbole suprémaciste blanc. L’édile a depuis condamné le comportement de son conseiller municipal, tout en se retrouvant confronté aux critiques sur sa propre attitude.

Un symbole lourd de sens

« Maréchal, nous voilà ! » est régulièrement dénoncé comme un vestige de la collaboration et de l’antisémitisme d’État. Son interprétation par un élu, même dans un cadre privé, ravive les interrogations sur la persistance de références à la période de Vichy au sein des rangs de l’extrême droite française. Le RN, qui s’est longtemps employé à normaliser son image, n’a pas officiellement commenté la démission de son conseiller municipal.

L’incident de Saint-Avold illustre les tensions récurrentes entre la volonté de dédiabolisation affichée par la direction du parti et les actes de certains de ses représentants locaux. Il soulève également la question de la vigilance des maires et des partis politiques face aux comportements de leurs élus, alors que la séquence impliquant Hervé Simon ajoute une couche supplémentaire de polémique dans cette commune mosellane.