Le président du Zimbabwe a signé, le 7 juillet 2026, une révision constitutionnelle qui allonge de deux années supplémentaires son mandat actuel. La promulgation de ce texte, adopté au préalable par le Parlement, constitue une nouvelle étape dans le renforcement du pouvoir exécutif dans le pays.
L’amendement constitutionnel a été rendu public par les services de la présidence. Le texte modifie les dispositions relatives à la durée du mandat présidentiel, qui devait initialement s’achever en 2028. Avec cette réforme, le chef de l’État pourra rester en fonction jusqu’en 2030. Cette décision intervient sans consultation populaire, ce qui a suscité de vives réactions de la part des formations politiques d’opposition et de plusieurs organisations de la société civile.
Processus parlementaire et adoption
L’Assemblée nationale et le Sénat avaient déjà approuvé le projet de loi lors de sessions antérieures. Le vote s’est déroulé dans un climat tendu, les élus de l’opposition dénonçant un passage en force. Le parti au pouvoir dispose d’une large majorité dans les deux chambres, ce qui a facilité l’adoption du texte sans modification substantielle. La signature présidentielle était attendue depuis plusieurs semaines.
Réactions et contestations
Plusieurs mouvements citoyens ont annoncé leur intention de contester la réforme devant la Cour constitutionnelle. Ils estiment que cette modification violerait l’esprit de la Constitution de 2013, issue d’un compromis politique après des années de crise. L’opposition parlementaire dénonce un « coup d’État constitutionnel » et appelle à une mobilisation nationale. Aucun recours n’a encore été formellement déposé, mais les avocats des requérants préparent une action en justice.
Contexte politique
Cette prolongation de mandat intervient dans un climat économique difficile, marqué par une inflation élevée et un chômage massif. Le gouvernement justifie la réforme par la nécessité de maintenir la stabilité politique et de poursuivre les réformes en cours. Les critiques y voient au contraire une manœuvre pour éviter une élection anticipée et verrouiller le pouvoir. Le Zimbabwe n’a pas connu d’alternance démocratique depuis l’indépendance en 1980.
La communauté internationale observe cette évolution avec attention. Plusieurs partenaires bilatéraux ont exprimé leur préoccupation, sans pour l’instant annoncer de sanctions. L’Union africaine et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) n’ont pas encore réagi officiellement.