Le DJ Mosimann, vainqueur de la Star Academy en 2008, a fait savoir le 21 juillet sur ses réseaux sociaux qu'il renonçait à sa prestation prévue le 23 juillet au Delta Festival de Marseille. Une décision motivée par les accusations portées contre l'un des fondateurs de l'événement, Olivier Ledot, visé par des témoignages d'anciennes collaboratrices et bénévoles évoquant des violences sexistes et sexuelles.

Une décision éthique assumée

Dans son message, l'artiste de 38 ans a indiqué que « les informations rendues publiques concernant la direction du festival nous amènent à considérer que le contexte n'est plus compatible avec les valeurs que je souhaite défendre ». Il a ajouté condamner fermement toutes les formes de violences, en particulier celles à caractère sexiste et sexuel, et a souligné que son éthique personnelle ne lui permettait pas de cautionner une situation qui pourrait banaliser de tels faits.

Une vague de retraits

Avant Mosimann, dix collectifs musicaux marseillais avaient déjà annoncé leur désengagement du festival le 17 juillet, invoquant « des faits graves » sans préciser davantage. Parmi eux figurent Dub Striker, FAI Virar, La Louve, La Wo, Minuit Rapide, MTOWN, Say Less, Solstitium, Undergroove et le Twerkistan. L'association environnementale Clean My Calanques, partenaire du festival depuis huit ans, a également choisi de se retirer, tout en maintenant son opération de nettoyage Clean My Delta prévue le 27 juillet, afin de poursuivre sa mission de protection du littoral.

La position du festival

Le Delta Festival a réagi le 19 juillet sur son compte Instagram en annonçant la mise en place d'une commission d'enquête interne. Olivier Ledot a été écarté de la direction opérationnelle et se voit désormais interdire l'accès au site. L'organisation a déclaré apporter « sans mesure et sans distinction, tout notre soutien aux victimes de violence et harcèlement sexistes et sexuels ». De son côté, l'intéressé rejette les accusations, se disant « profondément révolté » par ce qu'il qualifie d'entreprise visant à « porter atteinte à sa réputation et, à travers lui, à déstabiliser le Delta Festival, voire à le détruire ».

Un festival sous pression

Alors que le Delta Festival, plus grand rassemblement musical marseillais, doit se dérouler du 23 au 26 juillet, les annulations successives posent la question de sa tenue dans des conditions sereines. La multiplication des défections, tant d'artistes que de partenaires associatifs, témoigne d'une défiance croissante envers la gouvernance de l'événement.