La motion de censure déposée par le groupe Écologiste à l'Assemblée nationale a été largement rejetée lundi, ne rassemblant que 132 suffrages sur les 289 requis. Ce scrutin, qui visait à dénoncer la gestion gouvernementale lors de l'épisode caniculaire de juin, a surtout mis en lumière les fractures internes du Parti socialiste.

Dimanche, dans un entretien à un quotidien national, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, avait annoncé son intention de voter la censure. Mais le lendemain matin, à l'issue d'une réunion de groupe tendue, une majorité de députés socialistes a décidé de ne pas soutenir la motion. Boris Vallaud, président du groupe PS à l'Assemblée, a appuyé cette orientation en appelant au respect de la délibération collective. Le groupe a justifié son choix par un communiqué indiquant que, bien que partageant « la colère contre l'inaction climatique d'Emmanuel Macron », les députés socialistes estimaient, à l'aube d'un nouvel épisode caniculaire, que « la motion de censure ne nous semble pas être le bon moyen pour être utiles à nos concitoyens ».

Au final, seuls 20 députés PS sur 68 ont voté la censure, parmi lesquels Olivier Faure. Ce dernier apparaît ainsi minoritaire au sein de son propre groupe. La motion a en revanche été soutenue par l'ensemble des députés de La France insoumise et, à six voix près, par l'intégralité du groupe écologiste. L'absence de vote du Rassemblement national, qui avait annoncé ne pas la voter, scellait d'avance l'échec de l'initiative.

Devant une hémicycle clairsemée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a vivement critiqué l'initiative. Il a accusé les signataires de chercher à « éprouver les rapports de force à gauche… et à distribuer des brevets d'opposition avant l'élection présidentielle », plutôt qu'à obtenir un débat sur la canicule. Il a également dénoncé une tentative d'« instrumentaliser les victimes de la canicule ». La veille du vote, il avait adressé un courrier aux députés PS pour les exhorter à « continuer à construire des compromis utiles » tout en s'engageant à examiner en septembre leur proposition de loi sur l'adaptation au changement climatique.

Ce revers pour Olivier Faure intervient à quelques jours d'un scrutin interne crucial. Jeudi, les militants socialistes sont appelés à trancher entre deux méthodes pour désigner le candidat du parti à l'élection présidentielle : une primaire ouverte, défendue par le premier secrétaire, ou une autre modalité portée par ses opposants internes. La motion de censure a donc servi de révélateur des tensions qui traversent la gauche, laissant le PS plus isolé que jamais dans le paysage politique.