Le paysage de la mobilité électrique en Europe connaît un nouveau bouleversement. Le constructeur chinois Chery a supplanté BYD sur le marché européen au premier semestre 2026, selon les données disponibles. Cette ascension s'appuie sur une offre diversifiée de sept marques de voitures électriques et hybrides, une stratégie qui lui permet de couvrir un large éventail de segments et de clientèles.

Une percée fulgurante

Longtemps devancé par BYD dans la course à l'électrique en Europe, Chery a inversé la tendance en quelques mois. Le groupe, basé à Wuhu, a multiplié les lancements de modèles et les partenariats commerciaux pour accélérer sa pénétration du marché. L'essor de ses ventes lui permet désormais de revendiquer la première place parmi les constructeurs chinois sur le Vieux Continent.

Sept marques pour une couverture totale

Chery déploie une palette de sept marques, dont Omoda et Jaecoo, chacune ciblant des segments spécifiques : citadines, berlines, SUV, mais aussi hybrides rechargeables. Cette approche contraste avec la stratégie plus concentrée de BYD, qui mise sur sa marque unique et une gamme de modèles plus resserrée. En multipliant les enseignes, Chery maximise sa présence en concessions et capte une clientèle variée, des conducteurs urbains aux familles.

Un positionnement de nouveau Volkswagen

Chery est régulièrement présenté comme un futur équivalent de Volkswagen en Chine, mais c'est désormais en Europe que cette comparaison prend tout son sens. Le groupe chinois cherche à incarner l'accessibilité et la fiabilité, avec des véhicules électriques et hybrides proposés à des tarifs compétitifs. Sa percée en Europe rappelle la stratégie du constructeur allemand dans les années 1970, qui avait conquis le continent avec la Coccinelle puis la Golf. Mais cette fois, le carburant est électrique.

Conséquences pour le marché européen

Ce basculement intervient alors que les constructeurs européens historiques — Mercedes, Fiat, Toyota — peinent à suivre le rythme de l'électrification. Les ventes de la marque allemande Mercedes-Benz ont reculé sur les segments électriques, tandis que Fiat continue d'accuser un retard dans sa transition. Toyota, pourtant pionnier de l'hybride, voit ses parts de marché grignotées par les offres chinoises. La montée en puissance de Chery accentue la pression sur les acteurs locaux, qui doivent accélérer leurs investissements et leurs lancements de modèles électriques.

Un défi pour BYD

BYD, qui avait annoncé en début d'année la construction d'une usine en Europe avec une production espérée en 2027, doit désormais composer avec une concurrence chinoise interne plus féroce que prévu. Le constructeur de Shenzhen conserve toutefois une solide avance en matière de batteries et de production intégrée. Mais la perte de la première place en Europe pourrait l'obliger à revoir son calendrier d'expansion, notamment en accélérant l'ouverture de son site européen.

Chery ne compte pas s'arrêter là. Le groupe prévoit d'étendre son réseau de distribution et de lancer plusieurs nouveaux modèles dans les mois à venir, visant une part de marché à deux chiffres dans les principaux pays européens. La guerre de l'électrique en Europe entre dans une nouvelle phase : celle de la domination chinoise.