Un incident sécuritaire en marge d'un déplacement diplomatique
Plusieurs déflagrations ont été perçues vers 9 heures, heure locale, dans un quartier du centre-ville de Damas, non loin du Four Seasons, l'établissement hôtelier qui avait accueilli la nuit précédente le chef de l'État français et sa délégation. Des témoins ont rapporté avoir vu des colonnes de fumée s'élever à proximité de l'édifice, tandis que des services de secours se dirigeaient vers la zone. Selon une source sécuritaire syrienne, les explosions étaient provoquées par deux dispositifs : l'un était dissimulé dans une benne à ordures, l'autre dans un véhicule en stationnement. Des clichés diffusés sur les réseaux sociaux montrent des flammes et de la fumée s'échappant d'une automobile endommagée, ainsi que des vitres brisées au ministère du Tourisme, situé en face de l'hôtel. Un bilan provisoire, fourni par des responsables locaux, fait état de « plusieurs blessés », sans plus de précision.
Le président français à l'abri, le programme inchangé
Au moment des faits, Emmanuel Macron avait déjà quitté l'hôtel à destination du palais présidentiel, où il devait s'entretenir avec son homologue syrien, Ahmed al-Chareh. La présidence française a immédiatement confirmé que le chef de l'État était « sain et sauf » et a indiqué que le déplacement se poursuivait « comme prévu ». Les collaborateurs du président ont précisé que ce dernier n'avait pas perçu les explosions durant son trajet. Des images diffusées depuis le palais présidentiel montrent les deux dirigeants se serrant la main, confirmant la tenue de leur rencontre.
Une visite historique sous tension
Arrivé la veille à Damas, Emmanuel Macron est le premier dirigeant d'une grande puissance occidentale à se rendre en Syrie depuis la chute du régime de Bachar al-Assad et l'arrivée au pouvoir d'une coalition dirigée par des formations islamiques. Son séjour, qualifié d'« historique » par son entourage, est centré sur des discussions économiques et politiques. Le président français est notamment accompagné de plusieurs grands patrons français, dont ceux de CMA-CGM et de TotalEnergies, et des signatures d'accords de coopération sont attendues. Lundi soir, avant les incidents, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre-ville avant de se rendre à la mosquée des Omeyyades et de regagner son hôtel à pied.
Un contexte sécuritaire fragile
Cette double explosion intervient moins d'une semaine après un attentat à la bombe qui avait visé un café du centre de Damas, faisant plusieurs morts et une vingtaine de blessés, selon des médias d'État syriens. Le maintien de la visite présidentielle malgré ces précédents signes de tension illustre la volonté des deux parties de consolider un rapprochement diplomatique amorcé après le bouleversement politique majeur qu'a connu le pays.