Un record de longévité

Narendra Modi est devenu le Premier ministre élu le plus longtemps en fonction de l'histoire de l'Inde. Ce cap a été franchi après que son gouvernement a achevé plus de huit années consécutives au pouvoir, dépassant ainsi le précédent record détenu par Indira Gandhi, qui avait dirigé le pays de 1966 à 1977. Ce jalon intervient alors que le chef du gouvernement indien continue de bénéficier d'une large popularité, malgré des défis économiques et sociaux persistants.

Un parcours politique hors norme

Modi a prêté serment pour la première fois en mai 2014, après la victoire écrasante du Bharatiya Janata Party (BJP) aux élections générales. Il a été réélu en 2019 avec une majorité encore plus confortable. Depuis, il a consolidé son emprise sur la vie politique indienne, devenant une figure incontournable sur la scène nationale et internationale. Son leadership a été marqué par des réformes économiques majeures, comme l'introduction de la taxe sur les biens et services (GST) ou la démonétisation de 2016, mais aussi par des politiques nationalistes hindoues qui ont suscité des controverses.

Un contexte de célébration

L'annonce de ce record intervient dans un climat de célébration pour le BJP et ses partisans. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes du pays pour saluer la longévité de Modi à la tête du gouvernement. Ses soutiens y voient la preuve de la confiance que la population lui accorde et de la stabilité qu'il a apportée au pays. Ses détracteurs, en revanche, soulignent les critiques sur le plan économique, la montée des tensions communautaires et l'érosion des institutions démocratiques.

Une comparaison historique

Bien que Modi soit désormais le Premier ministre élu le plus ancien, il n'est pas le chef de gouvernement indien le plus durable à ce poste. Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre du pays, a exercé pendant près de 17 ans (de 1947 à 1964). Toutefois, Nehru n'a pas été réélu directement par le suffrage universel pour l'ensemble de cette période, ce qui distingue son cas de celui de Modi. Le record de Modi se situe dans le cadre des élections démocratiques, ce qui lui confère une légitimité particulière aux yeux de ses partisans.

Des réactions internationales

Plusieurs dirigeants étrangers ont félicité Modi pour cet accomplissement. Les messages ont souligné le renforcement des liens bilatéraux et l'essor économique de l'Inde sous sa direction. Des analystes politiques notent que cette étape pourrait renforcer la position de l'Inde dans les négociations internationales et sa quête d'un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Défis à venir

Alors que Modi entame cette nouvelle phase de son mandat, plusieurs défis se profilent. La croissance économique, bien que robuste, doit faire face à une inflation persistante et à un chômage élevé, notamment chez les jeunes. Les tensions avec les pays voisins, en particulier la Chine et le Pakistan, demeurent vives. Sur le plan intérieur, des mouvements de contestation, comme ceux des agriculteurs en 2020-2021, ont montré que la popularité de Modi n'est pas sans faille. Son gouvernement devra également gérer les conséquences de la pandémie de Covid-19, qui a lourdement frappé le pays.

Un symbole pour le nationalisme hindou

La longévité politique de Modi est aussi perçue comme une victoire pour le nationalisme hindou, qu'il incarne et promeut. Des mesures comme l'abrogation de l'autonomie spéciale du Jammu-et-Cachemire en 2019 ou la loi sur la citoyenneté (CAA) ont renforcé son assise électorale auprès de la majorité hindoue, mais ont attisé les critiques sur la laïcité de l'État indien. Le cap des huit ans marque donc également une étape dans la transformation idéologique du pays.

Perspectives

À ce stade, aucune élection générale n'est prévue avant 2024, mais les regards sont déjà tournés vers les prochaines échéances électorales dans plusieurs États. Le BJP espère capitaliser sur cette dynamique pour consolider son assise territoriale. En attendant, Narendra Modi continue de dominer la scène politique indienne, avec un pouvoir rarement atteint dans l'histoire récente du pays.