Un nouveau drame de l’immigration s’est produit en Méditerranée centrale. Les autorités italiennes ont fait savoir, dimanche, que les corps de dix personnes avaient été récupérés au large de Malte, à la suite du naufrage d’une embarcation transportant des exilés. Selon des informations concordantes, quarante-huit rescapés ont été pris en charge par un bateau de pêche présent dans la zone.

Les opérations de secours ont été déclenchées après que les garde-côtes italiens ont été alertés de la présence d’une embarcation en détresse. Un patrouilleur a été dépêché sur les lieux, les autorités maltaises ayant sollicité l’aide de Rome. Les circonstances exactes du drame restent à éclaircir, mais les premiers éléments indiquent que le canot a chaviré dans des conditions encore indéterminées.

Des bilans qui divergent Si la plupart des sources officielles font état de dix victimes, certaines informations, notamment diffusées par les autorités maltaises, évoquent un bilan de onze morts. Cette divergence n’a pas encore été tranchée par les services compétents. Les survivants, originaires de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, ont été conduits vers un port italien pour y recevoir les premiers soins.

Un contexte migratoire sous tension Cet événement s’inscrit dans une recrudescence des traversées sur la route migratoire la plus meurtrière du monde. Les Nations unies alertent régulièrement sur l’augmentation des décès en Méditerranée depuis le début de l’année. Les politiques de contrôle aux frontières et les accords passés avec certains pays de transit sont régulièrement critiqués par les organisations humanitaires, qui jugent insuffisants les dispositifs de sauvetage en mer.

Le ministre maltais de l’Intérieur, Glenn Bedingfield, a réagi sur les réseaux sociaux en publiant une image des opérations, sans fournir davantage de détails. De son côté, Rome n’a pas encore communiqué officiellement sur les suites judiciaires ou diplomatiques de ce naufrage.

Des voix s’élèvent contre l’« inhumanité » des politiques européennes Plusieurs associations et responsables politiques dénoncent une nouvelle fois ce qu’ils considèrent comme un échec des États membres de l’Union européenne à protéger les vies en Méditerranée. Selon eux, les choix politiques, comme la criminalisation des organisations non gouvernementales de secours ou le manque de voies légales de migration, contribuent directement à ces tragédies. Le naufrage de dimanche, pour ces critiques, illustre les conséquences mortelles d’une approche sécuritaire au détriment de la solidarité.

L’enquête sur les causes exactes du chavirement et sur l’identité des passeurs présumés a été ouverte par les autorités italiennes. Le parquet de la ville la plus proche devrait se saisir du dossier dans les prochains jours.