L’Assurance maladie a communiqué des chiffres encourageants concernant la démographie médicale en France. Au cours des cinq premiers mois de l’année 2025, les installations de médecins généralistes libéraux ont augmenté de 32 % par rapport à la même période de 2024. Cette progression, qualifiée de « nette reprise » par l’organisme, intervient après une période de déclin continu du nombre de praticiens installés en cabinet.
Selon les données dévoilées, cette hausse concerne aussi bien les jeunes médecins terminant leur internat que les praticiens plus expérimentés qui choisissent de s’installer à leur compte. L’Assurance maladie n’a pas précisé le nombre absolu de nouvelles installations, mais l’écart en pourcentage marque un changement de dynamique significatif par rapport aux années précédentes.
Un contexte de crise de l’accès aux soins
Cette tendance intervient dans un contexte où de nombreuses zones rurales et périurbaines souffrent d’une pénurie de généralistes. Les pouvoirs publics ont multiplié les mesures incitatives ces dernières années, notamment des aides financières à l’installation et des dispositifs de soutien à l’exercice coordonné en maisons de santé pluriprofessionnelles. Le gouvernement espère que cette hausse permettra de réduire les délais d’obtention de rendez-vous et de lutter contre les déserts médicaux.
Les chiffres de 2025 contrastent avec la tendance observée depuis le début de la décennie, où le nombre de généralistes en activité avait chuté, principalement en raison des départs à la retraite non remplacés. L’Assurance maladie souligne que cette reprise pourrait marquer un point d’inflexion durable si elle se confirme sur l’ensemble de l’année.
Les facteurs de cette embellie
Plusieurs explications sont avancées pour justifier cette augmentation. D’une part, la revalorisation des tarifs des consultations décidée dans le cadre de la convention médicale de 2024 a rendu l’exercice libéral plus attractif. D’autre part, les mesures de simplification administrative mises en place par l’Assurance maladie ont facilité les démarches d’installation. Enfin, la hausse du nombre de postes ouverts au numerus clausus ces dernières années commence à produire ses effets sur le terrain.
Les syndicats de médecins libéraux, tout en saluant ces chiffres, appellent à la prudence. Ils estiment que cette reprise ne comblera pas immédiatement les besoins, car le nombre de départs en retraite reste élevé. Ils réclament des engagements supplémentaires en matière de rémunération et de conditions d’exercice pour maintenir cette dynamique.
Des disparités territoriales persistantes
L’Assurance maladie n’a pas fourni de détails régionaux, mais les données antérieures montrent que les installations restent très concentrées dans les zones urbaines et périurbaines déjà bien dotées. Les territoires ruraux et les quartiers prioritaires de la politique de la ville continuent de souffrir d’un déficit d’attractivité. Les autorités sanitaires devront cibler les aides pour encourager l’installation dans ces zones sous-denses.
Des premiers mois de 2025 prometteurs
Si la tendance se maintient au second semestre, 2025 pourrait devenir une année de référence pour la politique de démographie médicale. L’Assurance maladie prévoit de publier des données actualisées à l’automne pour mesurer l’impact réel de cette reprise sur l’accès aux soins. En attendant, ce signal positif est perçu comme un encouragement pour les mesures déjà engagées.