La procureure générale de l'État de New York, Letitia James, a déposé une plainte contre plusieurs grands groupes industriels, dont 3M, DuPont, Chemours et Corteva, pour leur rôle dans la production et la commercialisation de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Ces composés, souvent surnommés « produits chimiques éternels » en raison de leur persistance dans l'environnement et l'organisme, sont liés à de graves problèmes de santé.
Des accusations de fraude et de mise en danger de la santé publique
La plainte déposée jeudi affirme que les entreprises ont violé le droit des New-Yorkais à un air et une eau propres, ainsi que les lois sur la protection des consommateurs. Selon le document judiciaire, les fabricants se sont livrés à une fraude persistante en omettant d'informer le public des risques sanitaires et environnementaux associés à leurs produits. « Les grandes entreprises comme 3M et DuPont ont sciemment vendu des produits toxiques qui ont menacé la santé des New-Yorkais et pollué notre environnement pendant des décennies », a déclaré Letitia James dans un communiqué. « Il est temps qu'elles paient pour les dommages qu'elles ont causés. »
Des substances omniprésentes et dangereuses
Les PFAS sont utilisés dans une vaste gamme de biens de consommation courante : ustensiles de cuisine antiadhésifs, cosmétiques, fil dentaire, emballages alimentaires, et même certains vêtements de sport comme des leggings. Initialement salués pour leurs propriétés hydrofuges et oléofuges, ces composés sont désormais associés, selon l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), à un risque accru de cancer, de troubles métaboliques, de baisse de la fertilité chez la femme et de retards de développement chez l'enfant.
Les PFAS ne se dégradent pas dans l'environnement et s'accumulent dans les organismes vivants. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) estiment que pratiquement chaque Américain a été exposé à ces substances et en porte des traces dans son sang. Leur présence a également été détectée chez des espèces sauvages.
Une action qualifiée de « retentissante » par les défenseurs de l'environnement
Judith Enck, présidente du groupe de défense Beyond Plastics et ancienne responsable de l'EPA, a salué cette initiative. « Il existe un corpus scientifique très bien documenté prouvant que ces produits chimiques causent des dommages graves à la santé », a-t-elle indiqué. « Cette action en justice est retentissante et devrait tenir ces entreprises responsables des immenses torts causés par leurs produits. »
Un contentieux croissant autour des PFAS
Ce procès s'inscrit dans une série de recours intentés aux États-Unis contre les fabricants de PFAS. Plusieurs États, collectivités locales et particuliers ont déjà engagé des poursuites pour obtenir réparation des préjudices sanitaires et environnementaux. La décision de New York, l'un des États les plus peuplés du pays, pourrait faire jurisprudence et accentuer la pression sur l'industrie chimique. Les entreprises visées n'ont pour l'instant pas réagi publiquement aux allégations portées par la plainte new-yorkaise.