Quelques mois seulement après son accession à la mairie de Nice, Éric Ciotti s'apprête à modifier en profondeur la réglementation encadrant les locations de meublés touristiques de courte durée, un secteur dominé par la plateforme Airbnb. Lors du prochain conseil municipal, prévu le 19 juin 2026, le nouveau maire soumettra au vote une délibération qui revient sur plusieurs restrictions adoptées par l'ancienne majorité dirigée par Christian Estrosi.

Le principal changement concerne la durée maximale pendant laquelle un propriétaire peut louer son logement principal. La délibération prévoit de faire passer ce plafond de quatre-vingt-dix jours – le seuil fixé par la précédente mandature – à cent vingt jours, soit quatre mois par an. Cette mesure vise, selon les termes du projet soumis aux élus, à offrir davantage de flexibilité aux propriétaires niçois.

Un assouplissement des autorisations temporaires

Au-delà de cet ajustement quantitatif, le texte propose également de modifier le régime des autorisations temporaires accordées pour les locations de meublés touristiques. Sous l'administration Estrosi, ces autorisations avaient été réduites à une durée de trois ans, non renouvelables. Le nouveau maire entend revenir sur ce dispositif : les autorisations pourraient être à nouveau accordées pour une durée de six ans et, surtout, devenir renouvelables. Ce retour en arrière représente un assouplissement significatif du cadre instauré en novembre 2025.

Un contexte de crise du logement

Ces évolutions interviennent dans une ville marquée par une grave pénurie de logements. L'ancienne majorité municipale justifiait le durcissement des règles par la nécessité de lutter contre la transformation massive de logements en meublés touristiques, qui contribue à la hausse des prix de l'immobilier et à la diminution de l'offre locative classique. En instaurant des quotas par quartier et en limitant la durée des autorisations, Christian Estrosi entendait préserver le parc résidentiel permanent au profit des habitants.

Une opposition locale dénonce « un scandale »

Le projet d'Éric Ciotti suscite une vive opposition sur l'échiquier politique local. Les formations de gauche niçoises ont immédiatement dénoncé cette initiative, la qualifiant de « scandale ». Selon elles, cet assouplissement va à l'encontre des efforts engagés pour endiguer la crise du logement et risque de favoriser la spéculation immobilière au détriment des résidents permanents. Les critiques estiment que le nouveau maire cède aux pressions des intérêts privés et des plateformes de location, au détriment de l'intérêt général.

Les modalités du vote et les prochaines étapes

La délibération sera examinée lors de la prochaine séance du conseil municipal. Les élus devront se prononcer sur les deux mesures principales : le relèvement du plafond de location de quatre-vingt-dix à cent vingt jours pour les résidences principales, et le rétablissement des autorisations temporaires à six ans renouvelables. L'issue du vote est largement attendue, la majorité municipale disposant d'une confortable avance. Si le texte est adopté, il entrerait en vigueur dans les semaines suivant sa publication au recueil des actes administratifs.

Ce nouvel épisode illustre le changement d'orientation politique à la tête de la quatrième ville de France sur une question sensible qui touche à la fois au tourisme, à l'immobilier et à la vie quotidienne des habitants.