Le journaliste Nicolas Demorand, voix matinale de France Inter, a choisi de lever le voile sur une période douloureuse de son existence. Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Télérama, l’animateur révèle avoir été hospitalisé sans son consentement, une décision prise par ses proches alors qu’il traversait un épisode aigu de troubles bipolaires.
Cette hospitalisation sous contrainte, il la décrit comme une expérience où il a eu le sentiment d’une « liberté annulée ». Pourtant, avec le recul, Nicolas Demorand reconnaît que sans cette forme de contrainte, il n’aurait pas accepté de se faire soigner. « Il ne faut pas avoir honte d’être malade et de se faire soigner », confie-t-il, livrant un message d’espoir à celles et ceux qui souffrent de maladies mentales.
Des hallucinations saisissantes
Au cours de cette période de crise, le journaliste a été confronté à des hallucinations marquantes. Il raconte notamment avoir vu l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin débarquer dans sa chambre en pleine nuit. Ce type d’épisode illustre la sévérité de la phase maniaque ou dépressive qu'il a traversée, le menant à une perte de contact avec la réalité.
Un combat contre la dépression
Au-delà de la bipolarité, Nicolas Demorand évoque son combat contre la dépression, une maladie qui l’a longtemps accompagné. Il insiste sur la nécessité de briser le tabou qui entoure encore les troubles psychiques. Son témoignage intervient alors qu'il reprend progressivement ses activités professionnelles, après une période d’absence liée à son état de santé.
Un message pour les malades
Le journaliste affirme vouloir « aider, si besoin, ceux qui souffrent de maladie mentale ». Il se présente comme un exemple de rétablissement possible, à condition d’accepter les soins, même lorsque ceux-ci imposent une privation temporaire de liberté. Son récit met en lumière les difficultés du parcours de soin et l’importance du rôle des proches, qui peuvent être amenés à prendre des décisions lourdes pour sauver une vie.
Ce témoignage public de Nicolas Demorand participe d’une libération de la parole autour de la santé mentale, un sujet longtemps resté tabou dans l’espace médiatique et public.