Nigel Farage, figure centrale de la politique britannique et chef du parti Reform UK, sera l'une des têtes d'affiche du rassemblement conservateur américain CPAC (Conservative Political Action Committee) qui se tiendra au Royaume-Uni en juillet prochain. L'événement est organisé par Liz Truss, l'ancienne locataire du 10 Downing Street, et vise à transposer outre-Atlantique le modèle des grands-messes de la droite américaine.

Cette participation marque un changement de cap notable, alors que des proches de M. Farage avaient laissé entendre, ces dernières semaines, que le leader populiste préférait rester à l'écart de cette manifestation. Aujourd'hui, il figure pourtant parmi les orateurs principaux de cette conférence qui se présente sous la bannière « Sauver la Grande-Bretagne, sauver l'Occident ».

Un plateau de figures de la droite dure

Aux côtés de Nigel Farage, le sommet accueillera plusieurs figures de la droite radicale américaine et britannique. Parmi les intervenants confirmés, on trouve l'influenceur américain Jack Posobiec, connu pour avoir propagé la théorie du complot fallacieuse dite du « Pizzagate » et pour son soutien à des politiques de « remigration ».

La conférence CPAC UK se veut une déclinaison britannique du rendez-vous annuel des conservateurs américains, qui réunit régulièrement des élus républicains, des militants et des intellectuels de la droite dure. Liz Truss, qui a elle-même participé à des éditions américaines de ce rassemblement, cherche ainsi à importer cette dynamique dans le paysage politique britannique.

Un revirement politique

Le changement de position de Nigel Farage intervient après une période de tensions politiques entre les différentes factions de la droite britannique. Le parti Reform UK, qu'il dirige, avait précédemment fait savoir que son chef ne souhaitait pas être associé à l'initiative de Liz Truss. Cette annonce, officialisée mardi 9 juin par l'intéressé, dissipe donc les doutes sur un possible boycott.

La venue de M. Farage à la CPAC britannique intervient dans un climat politique où les alliances entre les figures de la droite eurosceptique et les mouvements conservateurs américains se renforcent. L'ancien député européen, artisan du Brexit, entretient des liens étroits avec plusieurs cercles républicains outre-Atlantique, ce qui explique sa présence à cet événement.

Contexte et implications

L'organisation de la CPAC au Royaume-Uni par Liz Truss s'inscrit dans la stratégie de l'ancienne Première ministre, qui tente de maintenir une influence sur la scène politique britannique après son bref passage au pouvoir. Elle a fait de la défense des idées conservatrices radicales et de la critique des institutions établies l'un de ses axes centraux.

Nigel Farage, quant à lui, continue de peser sur le débat public, son parti Reform UK gagnant en visibilité et en soutien électoral, en particulier dans les scrutins locaux. Sa participation à la CPAC devrait renforcer sa stature de champion de la droite dure, à la fois sur le plan national et international.

Le sommet de juillet promet d'être un moment clé pour observer les dynamiques de recomposition de la droite britannique, entre héritage du thatchérisme, populisme anti-establishment et influences venues des États-Unis.