Les autorités militaires du Nigeria ont annoncé, dimanche 7 juin, la libération de 360 personnes qui étaient retenues en otage par le groupe djihadiste Boko Haram dans le massif des Mandara, au sud de l’État de Borno (nord-est). Selon un communiqué officiel, ces civils avaient été enlevés dans plusieurs localités de la région avant d’être emmenés dans ce secteur montagneux qui sert de place forte aux insurgés.

L’opération de sauvetage, qualifiée de « conduite par le renseignement » par l’état-major, a mobilisé une force conjointe comprenant des unités spéciales. Les troupes ont d’abord mené des « opérations psychologiques » destinées à créer « la méfiance au sein des rangs insurgés », puis ont lancé l’assaut pour déloger les combattants de leurs positions.

Deux nourrissons morts d’épuisement

Le porte-parole de l’armée, le lieutenant Haruna Sani, a indiqué que les captifs vivaient « dans des conditions très rudes » depuis leur enlèvement. Deux nourrissons ont « succombé à l’épuisement » à cause de la dureté de l’environnement et des souffrances endurées durant une captivité prolongée.

« Les autres personnes libérées ont été évacuées avec succès vers des lieux sûrs pour y recevoir des soins médicaux et une aide humanitaire », a ajouté le porte-parole. Il a qualifié cette action de « succès opérationnel majeur » et de « revers significatif » pour le groupe terroriste.

Un fléau persistant dans le nord-est

Cet événement illustre l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Nigeria est confronté depuis plus d’une décennie. La rébellion menée par Boko Haram et d’autres factions djihadistes dans le nord-est du pays a fait des dizaines de milliers de morts et contraint plusieurs millions de personnes à fuir leurs foyers, selon les données des Nations unies.

Les enlèvements de masse, qu’ils soient le fait de groupes djihadistes ou de bandes criminelles cherchant des rançons, sont devenus un problème récurrent à travers le pays. La libération de ces 360 otages constitue l’une des plus importantes opérations de ce type menées ces dernières années dans la région.

Contexte régional tendu

Cette annonce intervient alors que la région du bassin du lac Tchad reste marquée par une insécurité chronique, avec des incursions régulières des groupes armés au Nigeria, au Niger, au Tchad et au Cameroun. Les forces nigérianes mènent régulièrement des offensives pour tenter de réduire les sanctuaires des rebelles dans les zones montagneuses et forestières difficiles d’accès.

Le gouvernement nigérian a promis à plusieurs reprises de renforcer la sécurité dans le nord du pays, mais les attaques et les prises d’otages se poursuivent, nourrissant un sentiment d’insécurité persistant parmi les populations locales.