Au moins dix personnes ont perdu la vie et plus de cinquante autres ont été blessées lors d'une vaste attaque nocturne menée par la Russie contre Kiev, ont annoncé les autorités ukrainiennes. L'offensive, qui s'est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi, a combiné l'usage de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière, selon des responsables ukrainiens.
Plusieurs explosions ont retenti dans différents quartiers de la ville. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a indiqué sur Telegram que le toit d'un hôtel situé sur le boulevard Chevtchenko, en plein centre-ville, était en proie aux flammes. Dans un message ultérieur, il a confirmé que la capitale avait également été visée par une attaque de missile balistique.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait auparavant prévenu que les services de renseignement anticipaient un assaut majeur. En conséquence, il a écourté son séjour à Dublin, où il se trouvait pour un déplacement officiel.
Une réponse à des frappes ukrainiennes récentes
Moscou a présenté cette attaque comme une riposte aux opérations ukrainiennes menées plus tôt dans la semaine contre la capitale russe. Des drones ukrainiens avaient en effet visé Moscou quelques jours auparavant. Cette action faisait elle-même suite à l'attaque de drones la plus importante jamais enregistrée sur la capitale russe depuis le début du conflit à grande échelle en 2022, survenue moins de deux semaines plus tôt, lorsqu'une raffinerie de pétrole majeure de la région de Moscou avait été frappée.
Des infrastructures civiles prises pour cible
Les frappes ont endommagé des bâtiments résidentiels et des infrastructures civiles, selon les déclarations des autorités ukrainiennes. Tout au long du conflit, la Russie a régulièrement visé les installations énergétiques et d'autres infrastructures critiques de l'Ukraine. De son côté, Kiev a renforcé sa capacité à produire des drones à longue portée et a multiplié les frappes en profondeur sur le territoire russe.
Selon une analyse publiée mercredi par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), plus de 90 % des pertes russes seraient dues, selon certaines estimations, à des frappes de drones.