Kiev — Une nouvelle salve de missiles balistiques et de drones russes s'est abattue sur Kiev dans la nuit du 5 au 6 juillet, faisant au moins dix morts et 46 blessés, dont cinq enfants, selon les autorités locales. Cette deuxième attaque d'envergure en moins d'une semaine intervient alors que la capitale ukrainienne s'apprêtait à accueillir le sommet de l'OTAN, qui s'ouvre ce mardi en Turquie.
L'administration militaire de la ville a fait état de dégâts considérables, avec plus d'une quinzaine d'immeubles résidentiels endommagés, notamment dans le quartier historique de Podilskyï. Les secours travaillent sur plus d'une vingtaine de sites à travers la ville. Le bilan pourrait encore s'alourdir, a prévenu le chef de l'administration militaire de Kiev, Tymour Tkatchenko.
Des sirènes et des abris
Les premières explosions ont été entendues aux alentours d'1h40 du matin, suivies de nouvelles frappes à 2h10 et 3h15. Des milliers d'habitants ont trouvé refuge dans les stations de métro de la ville, transformées en abris antiaériens, alors que les alarmes retentissaient sur l'ensemble du territoire ukrainien. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a confirmé que des incendies s'étaient déclarés dans plusieurs complexes d'appartements touchés par les tirs. Des entrepôts et un atelier de réparation automobile ont également été endommagés.
Une attaque attendue
Dès dimanche soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait mis en garde contre une nouvelle vague de frappes. « Les services de renseignement indiquent une nouvelle fois que les Russes préparent une frappe massive », avait-il déclaré dans son allocution quotidienne. Il avait estimé que cette escalade était « typique de Poutine » : « juste après le Jour de l'Indépendance américaine et avant le sommet de l'OTAN à Ankara ».
L'armée ukrainienne a indiqué que la Russie avait tiré 68 missiles et 351 drones au cours de la nuit. Cette offensive fait suite à un premier bombardement intense survenu jeudi, qui avait coûté la vie à 30 personnes à Kiev – le plus lourd bilan dans la capitale depuis le début de l'année.
Un contexte diplomatique tendu
Cette escalade militaire se produit à la veille d'un sommet majeur de l'OTAN à Ankara, où Volodymyr Zelensky doit notamment rencontrer le président américain Donald Trump. Dans ce contexte, le chef de l'État ukrainien a exhorté les Alliés à ne pas retarder les livraisons de missiles à longue portée nécessaires à la défense du pays. « Tout retard dans les missiles de défense aérienne signifie des pertes de vies humaines et encourage la Russie à poursuivre la guerre », a-t-il écrit.
Répliques près de Sébastopol
Parallèlement, du côté de la péninsule de Crimée, le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, a signalé une frappe ukrainienne à proximité de la ville qui a provoqué des coupures d'électricité temporaires. Ce nouvel épisode illustre la poursuite des échanges de tirs entre les deux belligérants, qui ont récemment intensifié l'usage de projectiles longue portée pour affaiblir les infrastructures adverses.
Un bilan humain lourd
Les secours continuaient de s'activer lundi matin pour extirper des survivants des décombres. Les images diffusées depuis Kiev montrent des carcasses de voitures calcinées et des immeubles éventrés. Le président Zelensky a insisté sur l'urgence d'obtenir des licences de fabrication de missiles Patriot sur le sol américain afin de renforcer la capacité de défense antiaérienne de l'Ukraine face à des raids de plus en plus destructeurs.