Une nouvelle attaque de drone a ciblé la centrale nucléaire de Zaporijia, située dans le sud de l'Ukraine et placée sous contrôle russe depuis 2022. L'incident, survenu ces derniers jours, a provoqué des détonations aux abords du complexe, sans que des dégâts majeurs sur les réacteurs ou une élévation anormale de la radioactivété ne soient signalés dans l'immédiat.

Selon les responsables russes qui administrent le site, plusieurs aéronefs sans pilote ont été interceptés ou ont explosé à proximité des installations. L'armée ukrainienne, de son côté, n'a pas revendiqué ces frappes et impute généralement ces actions aux forces de Moscou dans le cadre de ce qu'elle qualifie de provocation. Aucune source indépendante n'a pu confirmer l'origine des engins.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont des experts sont déployés en permanence sur place, a indiqué suivre la situation avec attention. L'organisation a rappelé le risque permanent que fait peser toute action militaire autour d'une centrale nucléaire. Elle a appelé les deux parties à la retenue pour éviter une catastrophe aux conséquences régionales.

La centrale de Zaporijia, la plus grande d'Europe, est régulièrement au cœur d'incidents depuis l'invasion russe. Ses six réacteurs sont à l'arrêt, mais le site nécessite une alimentation électrique constante pour le refroidissement des combustibles usagés. Toute interruption de cette alimentation pourrait entraîner une fusion du cœur, comparable à l'accident de Fukushima.

Des élus locaux ukrainiens, citant des informations préliminaires, ont évoqué des frappes multiples sans préciser le nombre exact d'engins ni l'heure précise de l'attaque. Aucune victime n'a été rapportée dans les rangs du personnel civil ou militaire présent sur le périmètre.

Un schéma récurrent

Cet événement s'inscrit dans une série d'incidents similaires survenus depuis plusieurs mois. Des drones avaient déjà visé la centrale à plusieurs reprises, notamment fin mai, provoquant des accusations croisées entre Kiev et Moscou. Chaque camp dénonce l'autre comme responsable d'actes mettant en danger la sécurité nucléaire.

Pour les analystes, ces frappes visent moins à endommager les réacteurs qu'à exercer une pression psychologique ou à déstabiliser les forces adverses en multipliant les alertes. Toutefois, la proximité des explosions avec des infrastructures critiques suscite des mises en garde répétées de la part des organisations internationales.

L'Ukraine a également signalé des tirs d'artillerie russes à proximité du site ces dernières semaines, une pratique que Moscou dément. Le gouverneur de la région de Zaporijia, nommé par Kiev, a affirmé que la Russie militarisait la centrale en y stationnant des troupes et du matériel lourd, ce que l'administration russe locale conteste.

Réactions et appels à la désescalade

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé une « nouvelle provocation russe » et a exhorté la communauté internationale à réagir fermement. Il a réitéré l'engagement de son pays à ne pas cibler les infrastructures nucléaires civiles.

De son côté, le chef de la diplomatie russe a accusé les forces ukrainiennes de mener des « sabotages terroristes » et a demandé à l'AIEA de condamner ces actes. Aucun des deux camps n'a produit de preuves tangibles étayant ses accusations.

L'AIEA, par la voix de son directeur général, a réaffirmé que toute attaque contre une installation nucléaire était inacceptable. L'organisation a annoncé renforcer le suivi des données radioloques sur place et dialoguer avec les parties pour tenter d'établir une zone de sécurité autour de la centrale.

En attendant, la centrale reste une poudrière potentielle au cœur du conflit, rappelant la fragilité du dispositif de sûreté nucléaire en temps de guerre.