L'administration américaine s'apprête à dévoiler une nouvelle série de droits de douane frappant environ soixante pays, a indiqué un haut responsable. Cette annonce intervient alors que des surtaxes temporaires de 10 % sur un large éventail de produits arrivent à expiration ce vendredi à minuit.

Des tarifs différenciés selon les efforts contre le travail forcé

Le nouveau dispositif, qui doit entrer en vigueur lundi prochain, prévoit deux niveaux de taxation. Quarante-cinq pays jugés en défaut d'avoir instauré une interdiction d'importer des biens issus du travail forcé se verront appliquer une surtaxe de 12,5 %. Parmi les économies concernées figurent la Chine, le Japon, l'Inde, la Corée du Sud, le Brésil et la Suisse.

Six autres économies, disposant d'une telle interdiction mais considérées comme insuffisamment rigoureuses dans son application, bénéficieront d'un taux réduit à 10 %. Il s'agit du Canada, de l'Équateur, de l'Union européenne, de l'Indonésie, du Mexique et du Pakistan. Ce même taux de 10 % s'appliquera également au Royaume-Uni, à l'Argentine, au Cambodge et à Taïwan.

Une escalade déjà en cours

Ces nouvelles taxes s'ajoutent à une série de mesures protectionnistes annoncées ces dernières semaines. Mi-juillet, l'exécutif américain a officialisé l'imposition de droits de douane de 25 % sur les importations en provenance du Brésil à compter du 22 juillet. Seuls certains biens « que l'on ne produit pas ou qui ne poussent pas naturellement aux États-Unis, ou alors qui auraient un impact sur les chaînes d'approvisionnement ou l'économie » – tels que les oranges, certains produits énergétiques ou des pièces détachées aéronautiques – seront exemptés, a précisé un responsable.

Quelques jours plus tard, Washington a signifié au Canada l'application d'un droit de douane de 50 % sur une large gamme de marchandises, allant du vin aux crosses de hockey en passant par le ciment, le papier et les meubles en bois. L'énergie, la potasse, les minerais critiques, le poisson et les produits déjà soumis à des droits sectoriels (automobile, acier, aluminium, bois d'œuvre) ne sont pas concernés par cette mesure.

Un paysage douanier en constante évolution

Les responsables américains soulignent le caractère non définitif de ces décisions. « Rien n'est inscrit dans le marbre », a déclaré une source proche du dossier, suggérant que les accords bilatéraux déjà conclus pourraient être révisés en fonction des rapports de force géopolitiques et des intérêts commerciaux américains. La Maison-Blanche a ainsi indiqué que les termes de l'USMCA (l'accord de libre-échange nord-américain) pourraient être réexaminés chaque année.

Cette nouvelle vague tarifaire marque une intensification de la stratégie protectionniste de l'administration Trump, qui utilise désormais le critère du travail forcé comme levier supplémentaire dans ses négociations commerciales. Les observateurs s'attendent à ce que les prochaines semaines soient marquées par de nouvelles annonces, la politique douanière américaine demeurant « affaire de rapport de force », selon un analyste.