Une nouvelle série d’accusations frappe la campagne de Graham Platner, candidat démocrate à l’élection sénatoriale dans l’État du Maine. Une ancienne compagne l’accuse de viol, tandis que des photos et des enregistrements montreraient un tatouage néonazi et des propos sexistes. Ces révélations surviennent alors que Platner avait déjà démenti une précédente agression sexuelle et réfléchissait à l’avenir de sa campagne. Désormais, la pression s’intensifie, y compris de la part de figures de la gauche américaine comme le sénateur Bernie Sanders, qui lui demande de se retirer.
L’accusation de viol Selon des témoignages recueillis par plusieurs organes d’information, une femme ayant partagé la vie de Graham Platner a déposé une plainte pour viol. Les faits remonteraient à plusieurs années, mais la plaignante n’aurait décidé de parler qu’après l’annonce de sa candidature. Platner, par l’intermédiaire de son équipe de campagne, a « catégoriquement nié » ces allégations, les qualifiant de « calomnies orchestrées par ses adversaires politiques ». Aucune procédure judiciaire officielle n’a encore été confirmée.
Un tatouage controversé Parallèlement, des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent ce qui semble être un tatouage à connotation néonazie sur le bras du candidat. Les clichés, dont l’authenticité n’a pas été officiellement vérifiée, représenteraient un symbole utilisé par des groupes suprémacistes blancs. L’équipe de campagne de Platner a refusé de commenter ces photographies, mais des proches du candidat affirment qu’il s’agirait d’un « ancien tatouage de jeunesse » qu’il aurait depuis fait recouvrir.
Des propos sexistes exhumés En outre, des enregistrements audio datant de l’époque universitaire de Platner ont été rendus publics. On y entendrait le candidat tenir des commentaires dégradants envers les femmes, notamment en minimisant des cas d’agressions sexuelles. Ces extraits ont provoqué l’indignation des associations féministes et de nombreux électeurs démocrates. Platner a présenté des excuses pour ses « paroles inappropriées d’un autre temps », tout en insistant sur le fait qu’il a « changé et évolué » depuis.
Bernard Sanders appelle au retrait Face à cette accumulation de scandales, le sénateur indépendant Bernie Sanders, figure influente de l’aile progressiste du Parti démocrate, a publiquement exhorté Graham Platner à abandonner la course. Dans un communiqué, Sanders a déclaré : « Il est impensable que notre parti puisse soutenir un candidat accusé de viol et arborant des symboles de haine. L’intégrité doit primer sur la carrière politique. » D’autres élus démocrates du Maine ont emboîté le pas, menaçant de retirer leur soutien si Platner ne se désistait pas.
Une campagne en sursis Malgré ces appels, Platner a annoncé qu’il poursuivait sa campagne, estimant avoir « le droit de se défendre devant les électeurs ». Son directeur de campagne a indiqué que le candidat était « déterminé à prouver son innocence » et que les accusations étaient « infondées ». Toutefois, plusieurs donateurs anonymes auraient déjà suspendu leurs contributions, et des sondages locaux montrent une érosion de son électorat. L’issue de cette affaire pourrait peser sur les chances du Parti démocrate de conserver le siège sénatorial du Maine, un État clé pour les élections de novembre.
Réactions mitigées dans le camp démocrate Au sein du parti, les positions divergent. Certains responsables estiment que Platner doit rester pour ne pas céder à ce qu’ils considèrent comme une « chasse aux sorcières ». D’autres, au contraire, jugent que sa présence compromet la crédibilité de toute la gauche américaine. Le comité national démocrate n’a pas encore pris position officiellement, se contentant de « suivre de près les développements ». Des militants prévoient des manifestations pour exiger le retrait de Platner, tandis que ses partisans organisent des contre-rassemblements.
Contexte plus large Cette affaire intervient dans un climat politique américain déjà tendu, où les questions de harcèlement et d’agressions sexuelles sont devenues centrales depuis le mouvement #MeToo. Pour la gauche, qui mise sur un discours de justice sociale et d’égalité, voir l’un de ses candidats impliqué dans de telles accusations est particulièrement dommageable. L’enquête préliminaire ouverte par la police locale du Maine n’a pour l’instant donné lieu à aucune inculpation, mais les révélations continuent d’alimenter les débats. Graham Platner dispose de quelques jours pour décider s’il maintient ou retire sa candidature, sous la pression croissante de son propre camp et de l’opinion publique.